Nous avons plusieurs raisons de publier le rapport de M. Jaffar El-Amdjad said Oukacha, vice-président de la Commission Nationale Electorale Indépendante qui a organisé les élections nationales et insulaires après l’adoption de la constitution de l’Union des Comores.
1 - Il est rare qu’un responsable comorien, une fois son mandat ou ses fonctions terminées, cherche spontanément, à faire partager son expérience à la nation.
2 - A chaque élection, les autorités et les partis s’entendent pour passer un maximum de temps à se chamailler sur l’organisation électorale. Cela permet d’éviter aussi longtemps que possible les débats sur les bilans des uns et et les défis à relever par les autres.
3 - Un processus électoral transparent donne une solide légitimité aux institutions et pacifie la démocratie.
4 - Il urge de revoir sereinement les améliorations à apporter à la machinerie électorale, avant que les campagnes n’enflamment les esprits et fassent de chaque amélioration un combat national. Les autorités et les organisations politiques seraient bien avisées de tenir compte des observations de M. Djaffar. Si ce rapport est parvenu aux mains des sociétés-civilistes, ils ont raté une bonne occasion de légitimer leur nécessité en ne demandant pas sa publication. A ce jour le rapport date d’un an.
Le rapport de M. Jaffar est certes critiquables à bien des égards. Il manque de rigueur juridique, le ton est parfois inutilement acerbe. Certaines recommandations comme le tribunal électoral, développeraient l’usine à gaz judiciaire du pays. M. Djaffar déplore le bas niveau de présidents de vote à Anjouan et Mohéli, mais n’envisage pas la « comoronisation » de la paperasserie électorale.
Certains diront que M. Jaffar prêche pour sa paroisse et veut faire vivre une commission qui rapporte des indemnités. Ces petits esprits n’ont qu’à renoncer au salaire que leur rapporte leur supposé savoir. Une nation ne se développe pas de travail gratuit.
L’expérience accumulée par M. Djaffar et ses collègues vaut d’être valorisée
MSAM