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:: Paroles de femmes ::
Quelle est ma place en tant que femme dans la communauté Comorienne ?   
 (par Sheherazade) : 6 - 05 - 2007
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Je suis française d’origine comorienne. Vivant en France, je suis soumise aux lois françaises et protégées par elles également. Voulant respecter mes origines, mes traditions, je me sens écartelée entre deux mondes. Si l’un m’octroie des libertés (majorité à 18 ans, droit d’expression, etc...), l’autre représenté par ma famille maternelle me les prive (pas de majorité, pas de liberté de mouvement, etc..).

Lorsqu’il m’arrivait de me plaindre de ce poids familial auprès de mes amies non comoriennes, elles me disaient que je n’avais rien à craindre : « étant française, majeure et libre de mes mouvements, ma famille ne pouvait rien décider sans mon consentement ». Je le savais mais cela ne m’empêchait pas de me sentir mal à l’aise et penser que mes amies ne pouvaient pas comprendre. Peut-être aussi parce que je ne comprenais rien non plus.

Est ce la tradition et la loi comorienne qui censurent autant les droits de la femme ?
A regarder de plus près, mes congénères féminines y compris moi, n’avons pas eu le même parcours. J’ai eu accès à une scolarité normale tandis que d’autres non. Certaines se sont vues imposer un mari tandis que d’autres ont pu le choisir. Aux Comores, je suis confinée dans la maison familiale tandis que d’autres profitent de leurs vacances (plage, sorties, etc...).

Sont ce les Hommes, la société, la famille qui imposent leurs lois ?
Ces questionnements me tourmentent depuis quelques années. Ma famille maternelle a toujours voulu m’imposer un style de vie : un mari, un métier, etc.. Et lorsque je n’étais pas d’accord, chacun me répétait inlassablement : « C’est la tradition, tu dois respect à la famille. Nous agissons pour ton bien dans le respect des coutumes. Tu ne les connais pas donc nous sommes là pour te guider. N’oublies pas, tu es comorienne et non française. » Effectivement connaissant très mal la culture comorienne, je me laissais berner et me taisais. Ainsi, je me rendais complice et gardienne de ce type de culture et de comportement.
Malgré tout, j’ai essayé d’en connaître davantage, sur mes origines, ainsi que sur les coutumes en intégrant l’association de mon village d’origine. Mais les conditions de la femme n’étaient jamais évoquées. Ou sinon elles se limitaient à son héritage (sa future maison qui accueillera son mari), sa dot et à être la garante de l’honneur de la famille : discours que je connaissais déjà. Même entre jeunes femmes, nous sommes pudiques lorsqu’il s’agit de parler de nos sentiments, du comportement de la société comorienne à notre égard. Cette ignorance à propos de la culture et des traditions comoriennes, de l’histoire des femmes et associations féminines comoriennes qui se battent pour une amélioration des conditions de la femme aux Comores, contribue
-  à nous faire accepter n’importe quoi au nom de la tradition véhiculée par notre famille

-  à nous culpabiliser si nous n’acceptons pas certains traitements à notre égard au point de rejeter ou de renier notre origine, notre famille.

Afin de sensibiliser tous les Comoriens des Comores ou d’ailleurs et autres non comoriens sur la Femme comorienne, j’ai eu envie à travers cet opus de parler d’elle à travers :

-   l’éducation : instruction scolaire française et religieuse

-  le travail

-   le mariage

-   Les violences sur les femmes

-   la santé

Ce témoignage est le fruit de mon expérience. De ce que j’ai vu aux Comores, des témoignages de femmes et de ce que j’aurais aimé voir.

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