Aujourd’hui c’est sensé être ma fête. Je fête mes 22 printemps et c’est sensé être la fête.
Je ne sais mais y a comme un petit truc qui me reste en travers de la gorge. Une impression de déjà vécue que je n’arrive pas à définir.
Je regarde ce qui se passe de par le monde et je me dis je ne peux rien fêter.
Et puis moi qui suis de naturel si optimiste, si pleine de vie, je doute de tout jusqu’à mon existence. Je me demande à quoi je sers, je ne peux rien faire pour délivrer tout un monde ou du moins une infime partie, du chaos, de la famine, de la guerre, du viol ...
Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon désarroi ni ma colère. Je n’ai que mes glandes lacrymales et encore.
Et je me mis à rêver comme d’habitude de liberté, de passion, d’amour. Et à cet instant précis où j’atteignais le ciel, je revins sur terre, attirée par le roucoulement d’un pigeon. Il me regardait avec insistance et j’eus l’intime conviction qu’il voulait me livrer un message. Je l’ai fixé je me suis rendue compte qu’au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer, le pigeon, animal dit sans cervelle et moi l’être humain, qu’au-delà de tout ça, ce petit bout de chair et de cœur allait me sauver. Dans ses yeux, j’ai lu beaucoup de choses. L’amour, la foi, l’avenir. J’y ai vu un message porteur d’espoir, un message fort et révélateur.
Je me mis à ce moment là, non à rêver de liberté mais à vivre ma liberté. Cette liberté que je cherche depuis ma prime enfance, un oiseau m’en a fait cadeau. C’était beau et l’euphorie m’a gagnée. Je n’arrivais pas à expliquer que je ressentais, mais moi qui étais à 2 doigts de la dépression nerveuse, je me mis à rire mais d’un rire inimaginable. Non c’était trop beau. Un rire libérateur, salvateur aussi.
Et je me suis baissée pour prier, je priais pour tous les êtres, hommes et femmes, mâles et femelles. Je voulais qu’ils vivent ce que je vis. Je voulais partager mon rire. Je voulais entendre des rires provenant du monde entier.
Et je sus alors qu’un petit rien pouvait engendrer de grandes choses. Et je sus aussi que rien n’était perdu mais alors là rien de rien.