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Archives Holambe ComoresArchives :: Religions, rites
Article archives Les comoriens et Noël   
 (par Zouleika Abdallah et Tahamida Mze) : 20 - 12 - 2006
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Avec l’arrivée du mois de décembre, les esprits s’échauffent sur la fête de Noël :
 - sur la nature des cadeaux à offrir,
 - sur la composition du repas de Noël.
Les magazines ou les émissions de télévisions pullulent sur les meilleures façons de préparer Noël : recettes, décorations, tenue, etc..
Les rues sont illuminées ; les magasins sont décorés : vitrines de Noël, marchés de Noël, Père Noël à chaque coin de rue.

Et les comoriens de France devant cette effervescence, comment réagissent-ils ? Quels souvenirs gardent-ils de Noël ?

Pour avoir une idée, nous nous sommes amusées à interroger nos entourages (famille, ami, etc .), nous y compris. Nous vous livrons ici ces témoignages variés que nous ne saurons en aucun cas qualifier de représentatifs.

Soilihi, père d’un garçon (Sarcelles) :
La fête de Noël est une fête religieuse. Je considère qu’étant musulman il faut accepter les messagers de Dieu (les prophètes donc Jésus) et les 2 autres religions monothéistes. Pour cette raison, je fête Noël avec un bon festin mais sans sapin.
Aux Comores, je ne fêtais pas même si je connaissais la signification de Noël. Par contre en France, je le célèbre pour les enfants jusqu’à ce qu’ils soient en âge de comprendre. Je continuerai à leur offrir des cadeaux.

Mme Sharif, mère de deux enfants (Evry) :
J’ai appris l’existence de Noël lorsque je suis venue en France à 20 ans par le biais de la télévision, des décorations extérieurs. Mais, dans ma famille, on ne le fêtait pas. Mes deux enfants recevaient des cadeaux au travail de leur père. De plus, un de mes enfants est né en décembre donc par conséquent, il reçoit un cadeau en cette période de Noël. Maintenant, il a 6 ans ; il croit toujours au père Noël et lui a écrit. De plus, il réclame un sapin de Noël. Mais il n’en est pas question car c’est « harram » (c’est un péché). Et je ne veux pas célébrer Noël pour cette même raison. On est musulman donc on s’en tient à nos fêtes. J’explique à mon fils les raisons mais il n’arrive pas à les saisir.

Zouleika, HolambeComores :
Je n’ai aucun souvenirs de Noël enfant, juste des photos : à l’age de deux ans en compagnie du père Noël (prise sans doute dans une grande surface) et une autre de la même époque boudant (pour je ne sais quelles raisons) au pied d’un grand sapin bien décoré, avec des boules de toutes les couleurs sur le plancher.
A 7 ans, je suis rentrée aux Comores avec mes parents ; et nous ne fêtions pas Noël. Le 24 décembre était un jour comme un autre à la différence que j’étais en vacances. Par contre au nouvel an, je recevais un cadeau de mes parents. Je savais à cette époque ce que représentait Noël et comment il était célébré traditionnellement par l’intermédiaire d’un livre pour enfants sur Noël (le bonhomme de neige, les décorations de Noël - les napperons en papier, les grandes chaussettes rouges accroché en haut de la cheminée, la préparation du repas ; c’était un livre ludique avec pleins d’explications, des recettes entre autre).
Ensuite, à 14 ans, je suis venue en France chez mon oncle et sa famille. Chez eux, ils ne fêtent pas Noël ; ils organisent un festin (un gratin dauphinois, et une dinde) le 25 décembre au déjeuner. Mais c’est vraiment à cette époque que j’ai compris l’esprit Noël, cette sensation chaleureuse et l’importance de cette fête pour certains (décorations de Noël, les conversations des gens autour de Noël, etc....). Cela m’a permis en discutant avec eux de confronter mes connaissances livresques à la réalité des choses. Sinon, je n’éprouve pas le besoin ou la curiosité d’assister à la messe de minuit ou à un festin de Noël.
Je ne sais pas si je vais organiser un réveillon de Noël ou autre lorsque j’aurais des enfants. Pour l’instant, je ne le fêtes pas donc ma réponse est non.

Soulé , étudiant (Cachan) :
Depuis mon petit âge, aux Comores, j’entendais parler du 25 décembre, une fête catholique(sherehi yaki naswara). Je la vivais dans le sens où les écoles sont fermées ce jour là. J’ai compris l’importance de ce jour sacré pour les catholiques - marquant la naissance de Jésus - la première fois à Madagascar dans les années 90. Là-bas, tout le monde y compris les familles musulmanes célèbre Noël : dinde (vorna) à gogo, boissons alcooliques (toka) avec modération. Par curiosité, j’ai assisté à la messe de minuit dans une église avec un ami.
La seconde fois, c’était en France : la famille qui m’hébergeait fêtait Noël : sapin garni de plein de cadeaux, un bon repas et un gâteau. De plus, par curiosité, j’ai répondu à une invitation d’un autre ami pour passer le réveillon de Noël avec sa famille et j’ai découvert une réalité que j’ignorais : le soir du 24 décembre c’est l’avant goût, le vrai festin a lieu le 25 décembre. Et cette fête regroupe tous les membres de la famille.
Pour moi, la fête de Noël est l’occasion de faire plaisir aux enfants ; en effet, dans les cours de récré, les enfants vantent leurs cadeaux et parlent de leur réveillon de Noël. C’est un effet de mode pour les familles puisqu’une grande majorité des familles n’est pas chrétienne. Elle se sent obligée de participer à la fête de Noël par la société.
Sinon, je n’organise rien de spécial le 24 et le 25 décembre ; si je travaille, je suis payé plus.

Saïd, père de cinq enfants et grand-père (Paris ) :
La fête de Noël et le nouvel an sont des évènements importants aux Comores pour certains d’entre nous - scolarisés et vivant à Moroni - à l’époque coloniale. Quelques jours précédant la fête de Noël, nous entendions les Européens parler de l’organisation du réveillon de Noël, des cadeaux. Certains enfants dont les parents étaient fonctionnaires recevaient des jouets de la part de l’administration française. Le 24 décembre, j’allais à l’église accompagné de beaucoup d’enfants pour regarder de l’extérieur la messe de minuit. Autour de minuit, dès la mise en scène de l’histoire de la nativité, nous crions : « tsabu Mariama ha fanya » (Marie a bien baisé) et nous repartons à grande vitesse. Je n’avais pas conscience de la signification de cette cérémonie ; pour moi, c’était une fête française et elle m’était interdite.
En Europe, j’ai célébré le réveillon de Noël avec des amis et leurs familles. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas croyants mais le célébraient comme un évènement historique.
En Europe du Nord, c’est le jour où on s’échange les cadeaux en famille et entre amis intimes. Là-bas, on comprend mieux l’origine de Noël par la célébration du solstice d’hiver. La fête de Noël ainsi que la fête de la St Jean en été me rappellent le cycle de la terre mère et des changements d’humeur.

Hassan, père de famille (Ivry) :
J’ai appris ce que signifiait Noël à l’école primaire, à l’époque coloniale, à Bambadjani. Je suis venu en France en 1985, à Marseille. J’ai vu pour la première fois le réveillon de Noël chez les Comoriens : sapins, dinde, bûche, cadeaux, champagne à minuit. La dimension religieuse de Noël ne m’intéressait pas, seul comptait le coté festif. J’ai regardé la messe de minuit l’année dernière lorsqu’Arafat a été interdit d’entrée à la messe à Jerusalem.
J’ai participé à des réveillons de Noël en famille. Une fois marié, je l’organisais chez moi avec échange de cadeaux. Cette année, j’avais prévu d’acheter un sapin mais pour des raisons économiques, j’ai reporté l’achat pour l’année prochaine. Je le fais pour mes enfants (ma fille a deux ans) pour qu’ils ne soient pas en décalage par rapport à leurs camarades de classe ; je leur expliquerais la signification de Noël lorsqu’ils seront en âge de comprendre.

Ali, père de deux enfants (Saint-Denis) :
Aux Comores, je fêtais Noël le 24 décembre avec mon père adoptif, un blanc. Le lendemain, je recevais des cadeaux déposés aux pieds d’un arbre de Noël (un arbre pris dans la forêt de Bahani qui ressemble à un sapin). Mais je ne comprenais pas la signification de cette journée.
A 14 ans, j’étais dans un internat en France et ainsi j’ai appris que le 24 décembre est dédié à la célébration de la naissance de Jésus.
Depuis 5 ans, je célèbre Noël pour mes enfants et aussi parce que ma femme mahoraise a des beaux-frères catholiques. Pour ce jour, j’achète un sapin de Noël. Ma fille de 5 ans croit encore au Père Noël. Cette année, je ne fais rien car mes enfants sont chez ma belle-famille.
Pour moi, la fête de Noël est une fête catholique et une fête pour les enfants. A long terme, je n’organiserais pas de réveillon de noël mais je continuerai à offrir des cadeaux à toute ma famille.

Habiba, étudiante (Cergy) :
Dès les Comores, je connaissais ce qu’était Noël à l’école primaire. Le 24 décembre, ma famille au complet se réunissait autour d’un bon repas (exemple : pilaou, riz avec jus de viande, etc.) ; cela dépendait des moyens. De plus, par le biais de la télévision, les livres, je voyais comment les autres le fêtaient. Et à mon arrivée en France, je n’ai pas eu un choc culturel. J’ai découvert une autre ambiance : les cadeaux, un bon festin. J’étais invitée une fois par des amis ; chacun a emmené un cadeau. Sinon, chaque année, je regarde la messe de minuit à la télévision pour comprendre. Je ne sais pas si devenue mère, je vais le fêter avec mes enfants.

Zainaba, mère de trois enfants (Montreuil) :
Je n’ai entendu parler de la fête de Noël depuis que je suis en France ; cela fait 15 ans. Je connais la dimension religieuse de cette fête mais elle ne représente rien pour moi. Et je ne sais pas ce qui se fait le 24 décembre. Mais ce jour là, j’offre un petit cadeau, une légère attention à mes enfants pour qu’ils ne soient pas défavorisés par rapport aux autres.

Taanrifa, mère de deux enfants (Paris 20) :
Dès les Comores, je connaissais la fête de Noël, une fête catholique pour célébrer la naissance de Jésus. Le 25 décembre à Mohoro, on plante un arbre avec le vœu de ne pas mourir avant d’avoir goûter à ses fruits (« Mayotte, j’ai remarqué que les gens offraient des cadeaux à leur proche et allaient à la messe le 24 décembre ; les jeunes le fêtaient dans les boîtes de nuit. Ce n’est qu’en France que j’ai compris l’importance de cette fête : décorations dans les rues et habitations, sapins, vitrines de Noël.
Pour faire plaisir à mes enfants, je leur offre des cadeaux (chocolat, des habits, etc..). Je n’achète pas de sapins faute de moyens. Et je ne fais rien de spécial ce jour là, ni repas car je ne sais pas quel genre de repas sert-on ce jour-là. Et pour moi, cela ne revêt aucune importance car c’est avant tout une fête catholique. Je connais des familles comoriennes qui organisent des réveillons de Noël - sapins, décorations, fêtes - pour leurs enfants.

Fatima,mère de deux enfants (Champigny) :
Depuis l’école aux Comores, je sais que Noël est une fête catholique. Je ne l’ai jamais célébré. Je suis venue en France à 30 ans. J’ai découvert que mon mari avait pris l’habitude de fêter Noël (sapins, repas). Avec mon arrivée, il a arrêté car je ne le tolérais pas en lui exposant les raisons : ce n’est pas notre fête, nous sommes musulmans. Nos enfants (2 ans et 4 ans) étant influencés par l’environnement ambiant (école, télévisions, l’extérieur) reçoivent des cadeaux de notre part et au travail de leur père. Egalement, nous leur expliquons la dimension religieuse de Noël. Je pense que lorsqu’ils auront atteint les 10-12 ans et qu’ils arriveront à faire la différence entre les religions, nous arrêterons.

La mère et ses deux filles :
Ralia, mère de 5 enfants (Marseille) :
J’ai découvert la fête de Noël dès l’enfance à Madagascar au travail de mes parents : arbre de Noël, Père Noël et des cadeaux. Je garde des bons souvenirs de cette époque que j’ai voulu les faire partager avec mes enfants.
J’ai organisé mon premier réveillon lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant. Je lui ai offert son premier cadeau avant sa naissance. Mon mari n’était pas enthousiaste au début ; il a subi. Par la suite, il a apprécié et la fête de Noël est devenu une fête incontournable dans la famille. Au fil des années, notre fête devient une vrai fête de Noël avec des vrais sapins. Mais c’est aussi l’occasion de parler de la religion musulmane, de Jésus - sa naissance, son œuvre - et de sa mère à travers le Coran.

Maliza, étudiante (Paris) :
Nous avons toujours fêté Noël chez nous : sapin décoré avec des guirlandes lumineuses. La taille du sapin varie au fil des années suivant le prix. Au début, il était en plastique mais maintenant c’est un vrai. Le 24 décembre c’est le même rituel ; tout le monde s’active pour la préparation du dîner : dinde ; chaque personne prépare un dessert : cela revient à plusieurs desserts différents sur la table. Etant dix, nous tirons au sort pour les cadeaux ; comme ça chacun en recevait un. Aux Comores, nous avons gardé le même cérémonial ; on commandait un sapin en plastique de France. Nous avions la réputation de « mzungu ». Mais peu importait, l’essentiel était que toute la famille était présente avec une ambiance convivial. Nous ne regardions pas la messe de minuit. Nous ne prenions pas en compte le coté religieux juste l’ambiance familiale.
Je perpétuerai cette tradition avec mes enfants.

Biheri, étudiante (Paris) :
Nous avons toujours fêté Noël en famille mais je n’ai jamais cru à l’existence du Père Noël. I y a toujours eu un sapin, en plastique au départ mais maintenant c’est un vrai. Plus on grandit, plus notre Noël ressemble à un Noël traditionnel. Le 24 décembre, nous mangions toujours un repas très copieux avec 13 desserts à la clé, œuvre de chaque personne de la famille. Aux Comores, nous avons gardé le même rituel avec le sapin et les guirlandes ; Une fois, nous avons pris un arbre comorien « mkinini » comme arbre de Noël.
Pour moi, Noël symbolise l’occasion de passer un bon moment en famille, de bien s’habiller et de recevoir des cadeaux. Je me suis faite invitée une fois pour passer le réveillon de Noël dans une famille arabe : c’était très folklorique (un mélange arabe et français) et avec des cadeaux somptueux. Noël ne revêt pas une dimension religieuse. J’en discute beaucoup avec mes copines qui ne sont pas croyantes et dont la fête de Noël ressemble aux nôtres ; nous avons toute le même état d’esprit : l’ambiance familiale.
Je perpétuerai la tradition avec mes enfants ave enthousiasme.

Deux sœurs :
Nadia, mariée, bientôt maman (Sarcelles) :
Noël symbolise pour moi les cadeaux. Pour mon mari, le 24 décembre est un jour normal mais pour moi, c’est l’occasion de manger un repas copieux : gigot, bananes frits, plateaux de fruits de mers et de saumon. Enfant, je recevais des cadeaux distribués par le Père Noël à l’école, et au travail de mon père.
Je fêterai Noël - avec un bon festin et des cadeaux - avec mes enfants pour qu’ils soient à égalité vis à vis de leurs camarades. Par contre, il n’y aura jamais de sapin. Pour moi, cet arbre revêt d’un caractère religieux ; ce n’est pas notre fête. J’expliquerai à mes enfants pour qu’il n’y ait point de confusion.

Roukia, lycéenne (Paris 19) :
Je n’ai jamais fêté Noël, ni reçu de cadeaux. Lorsque ma sœur habitait à la maison, il y a 5 ans, elle achetait une bûche de Noël. Lorsque notre mère avait des bons d’achats, il y avait des cadeaux.
J’ai écrit une fois au Père Noël mais je n’ai pas le souvenir d’une croyance à son existence. Noël, pour moi, est une fête où l’on reçoit des cadeaux, une fête commercial. C’est l’occasion d’aller faire du lèche vitrine et d’acheter des cadeaux avec mes copines. Je n’éprouve ni l’envie, ni la curiosité d’aller à la messe et d’assister à un repas de Noël.
Je ne me sent pas différente des autres par le fait que je ne fête pas Noël. Je le vis très bien. Et dans l’avenir, même avec des enfants, je ne fêterai Noël.

La mère et ses deux filles (Nanterre) :
Mariama, mère de famille :
Je ne célèbre pas Noël. J’offre des cadeaux pour les petits et les grands de l’argent de poche. Noël est une fête catholique et symbolise la naissance de Jésus. Je ne hais pas Jésus mais je rejette la manière dont on célèbre sa naissance : décorations, sapins, cadeaux. Je ne le fais pas pour la commémoration de la naissance de Mahomet.
Quand mes enfants étaient petits (3-4 ans), ils me réclamaient une fête de Noël. Pour répondre à leurs attentes, le 24 décembre, je préparais un repas copieux avec une bûche de Noël. Une fois, leur père s’est déguisé en Père Noël pour leur donner leurs cadeaux. A un moment, il avait perdu sa barbe ce qui a provoqué des fous rires chez les enfants. Je les emmenais voir les vitrines de Noël. Egalement, je leur expliquais ce que caractérisait Noël. Maintenant, ils comprennent et refusent de célébrer Noël surtout depuis qu’ils fréquentent l’école coranique.

Nadine, écolière :
Je ne crois pas en l’existence du Père Noël. Et je n’ai jamais demandé à ma mère de fêter Noël. Pour moi, Noël est une fête catholique. Je n’ai pas envie de le fêter et je ne me sens pas différente des autres et de mes copines. Elles sont musulmanes et ne célèbrent pas Noël.

Elwahda, lycéenne :
Je n’ai aucun souvenirs d’enfance sur Noël. J’ai eu des cadeaux mais chez nous, nous ne le fêtons. Nous sommes musulmans. Mes copines sont musulmanes donc je n’ai jamais été invitée pour célébrer Noël et je ne vois pas l’intérêt de le fêter. Noël est une fête catholique et non musulmane, chacun sa fête. J’aurai cette même ligne de conduite avec mes enfants.
La seule note positive est la possibilité de faire les soldes et de s’acheter quelques bricoles.

La mère et la fille (Paris 13) :
M’miliza, mère de trois enfants :
J’ai débarqué en Normandie en 1974, à l’age de 13 ans. Une famille française - Marcelle, son mari et sa fille - m’avait adoptée officieusement et m’invitait chaque année à partager leur fête de Noël : participation à la décoration de la maison, du sapin, à la préparation du dîner.
Après le repas, nous allions à l’église pour la messe de minuit. Le lendemain, nous recevions des cadeaux déposés sous le sapin et nous mangions les restes. En 1977, je suis rentrée sur Paris et j’ai arrêté de le fêter. J’envoyais mes enfants en Normandie dans la période de Noël. Ils recevaient des cadeaux de Normandie et de Paris.
Et en 1987, ils ont décidé de ne plus y aller. A partir de là, nous préparions un repas copieux le 24 décembre pour le dîner et nous nous échangions nos cadeaux. Et après le repas, nous regardions la messe de minuit à la télévision. Depuis 1998, ma fille ne restait pas pendant la période de Noël. Je restais avec mes deux autres enfants. L’un se contentait de partager le repas et je finissais ma soirée avec mon petit dernier devant la télé pour la messe de minuit. J’aime la regarder, écouter l’histoire de la naissance de Jésus relater.

Nina, salariée :
A 5-6 ans, je croyais au Père Noël. A cette époque, nous passions Noël chez tata Marcelle, son mari et sa fille en Normandie. La dernière fois, nous l’avions fêter avec eux en 1984-1985. Puis tous les ans, nous le célébrons avec deux des cousines de maman et leurs familles avec des huîtres, des saumons. Le lieu variait entre les 3 demeures. Nous recevions chaque année des cadeaux. Je me souviens d’une fois où ma mère avait décoré ses plantes avec les guirlandes.
La dernière fois que j’ai fêté Noël est en 1994 avec un gratin de pomme de terre et du poulet.
Je n’ai pas envie de le célébrer car je ne suis pas Chrétienne et je ne possède pas l’esprit de Noël. Noël symbolise la naissance de Issa (Jésus en arabe) ; cela ne signifie pas recevoir des cadeaux. C’est une fête religieuse. Par curiosité, j’ai accepté des invitations pour célébrer noël dans des familles catholiques : congolaise, camerounaise. L’ambiance est la même ; la seule variante se trouve au niveau des plats. C’était l’occasion de voir comment les autres alliaient culture et religion. Cette année, j’ai décidé d’assister à la messe de minuit à l’église pour entendre le discours du prêtre : je veux savoir quel est le message transmis (de paix, d’amour, de fraternité ?) par rapport aux messages émis par les différents Imams.
Je pense que je fêterai Noël avec mes enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent 5 ans et comprennent la signification de cette fête et aussi pour qu’ils ne soient pas lésés par rapport à leurs camarades de classe.

Tahamida, HolambeComores :
Aux Comores, je savais ce que représentait Noël grâce à mon entourage (coopérants français et belges, mon parrain, camarades de classe). Ce n’est qu’à mon arrivée en France que j’ai compris la dimension que revêt Noël : l’histoire de la naissance de Jésus avec la crèche, les décorations, les sapins. Par curiosité et pour connaître les rituels de cette fête, j’ai accepté l’invitation d’une amie pour partager le réveillon de Noël avec sa famille ; et toujours avec le même état d’esprit, j’ai assisté à la messe de minuit dans une église.
Autrement, je ne célèbre pas la fête de Noël car je la considère comme une fête religieuse et elle ne me concerne pas. Par contre, si j’ai des enfants et je vis en Europe, j’organiserai un réveillon de Noël : sapin, un festin, et des cadeaux. Mais si je suis aux Comores, je ne ferais rien.

 

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