L’auteure a tenu à travers son témoignage de faits réels, faire réagir l’opinion public, mobiliser les pouvoirs publics et la communauté internationale sur les viols aux Comores.
Aux Comores, les violeurs ne sont ni punis, ni bannis de la société. Ils sont libres de recommencer. Les victimes, quant à elles, sont considérées comme coupables ou traitées en tant que telles. En effet, elles deviennent une honte pour leur famille et sont mises au ban de la société.
Les faits décrits ci-dessous se déroulent à la Grande-Comore.
1. C’était un après-midi dans un village. Le sujet du jour dans les places publiques, concerne une fille de 14 ans violée par quatre vieux hommes, âgés entre 65 et 75 ans. La fille est tombée enceinte, et sa famille l’a questionnée sur l’auteur du viol. La fille a nommé ces quatre hommes. Notez bien que ces hommes sont des notables du village et musulmans pratiquants. Ne me demandez pas une suite de l’histoire car ces hommes , bien sûre, ne seront pas jugés, seulement ce qu’ils disent :qui oserait coucher avec cette ordure ? La fille a quitté l’école et reste la honte de la famille.
2. Nous sommes en 2007. Les voisins parlent d’une fille qui est suspectée d’être enceinte. Elle a 16 ans et avant cette tragédie, elle était en classe de quatrième. Sa famille, se sentant honteuse, a demandé à la victime de nommer l’auteur afin que ce dernier l’épouse. Elle a facilement nommé le garçon avec des preuves convaincantes. Mais le garçon et sa famille ont refusé qu’il l’épouse car elle ne le mérite pas. La fille a quitté l’école et a quitté le village ; et le mec bien sûre continue sa vie normale et sa scolarité. Ne me demandez pas une suite à cette histoire car on n’en parle plus.
3. L’histoire remonte à quelques années. Dans deux villages différents deux filles sont tombées enceintes, mais à des temps différents. La première a dénoncé le garçon qui l’a violé. Ce dernier a refusé de l’épouser. La deuxième n’a rien fait.
Dans tous les cas, les familles de ces deux filles les ont laissées sans nourriture durant leur grossesse afin de les punir. Les deux filles n’ont pas pu mené à terme leur grossesse, elles ont été mortes de faim. La suite de l’histoire ? Les amis, on en parle plus. C’est fini.
4. L’histoire se passe à la place de Bajanani. Trois hommes parlent de la facilité de trouver, de nos jours des filles gratuites. L’un d’eux dit : avec 200 francs , c’est très facile d’avoir une fille. L’autre réplique : en tout cas, moi, je n’irai pas plus de 150 francs.
Voilà. Des cas similaires se produisent dans les villages au pays. Avec notre religion de 100% musulmans et notre justice, pourquoi délaisser ces filles dans la souffrance ?
Témoignages de viol
Retrouvez le témoignage d’une victime de viol Anisa Msa dans Cri d’alarme