Nous nous mettons volontairement en arrière ; nous nous auto-discriminons , juste parce que "yo de heeli zi ko hu fagnishiha" (parce que c’est ainsi que les femmes se comportent) !
La premiere fois que je me suis retrouvée face à ce type de situation c’était en 3éme à la Grande-Comores. La classe organisait un mdezo (une fête en comorien). Les filles se chargeaient de l’organisation. Sans que les mecs aient rien demandé, les filles avaient decidé que les mecs paieraient 1500 francs chacun et que les filles ne paieraient pas mais s’occuperaient du ménage et de la cuisine ! Vous n’imaginez pas à quel point je fus choquée qu’on ne laisse pas le choix aux filles qui préferaient cotiser et aux garcons qui preferaient participer au preparatifs !!!
Cela s’est terminé en pugilat ; les FILLES essayaient de me raisonner : "quoi ? on ne va quand même pas laisser les garçons cuisiner ! cela ne se fait pas bo Biheri ! Hentsi ho ustaanrabu mwindji saa !" (Arrêtes de jouer à la fille moderne)
A la fin, j’ai fini par gagner. J’ai eu le droit de cotiser et de ne pas me retrouver en cuisine ! Et ça, messieurs-dames, c’est le resultat de l’education que NOS MERES donnent à NOS FILLES ! La dignité signifie être une épouse parfaite ; l’amour propre signifie faire honneur à son mari, à son oncle, à son frere...
On nous apprend que l’humilité et la discretion est de rigueur face aux hommes mais qu’entre nous, nous sommes rivales, ennemies ! on se jalouse, on se méprise, on se calomnie. Il ne faut pas qu’une autre réussisse, s’émancipe ; nous devons toutes patauger dans la médiocrité et la bassesse générale car c’est là qu’est notre place !
Et bien, moi, ayant vécu tout ça de loin parce que Dieu merci, on n’a pas reussi à m’inculquer ce genre de preceptes, je n’ai qu’une chose à répondre à ce genre de conneries que nous femmes nous perpétuons : "merde !"
Un autre témoignage
Vous pouvez également lire un autre témoignage sur le même sujet Vous me dites que la femme comorienne est privilégiée