Suite à l’article de Sheherazade « 8 mars, journée internationale de la femme » , où l’auteure évoque les privilèges de la femme comorienne en terme d’héritage (terres, or, ect...), une de nos lecteurs nous a fait part de son opinion à ce sujet.
Puisque vous nous incitez à nous exprimer sur la femme comorienne, et bien je dis, qu’elle n’a aucun privilège dans la tradition comorienne. Eh, oui, du calme, je vous explique.
Vous me dites qu’elle est l’héritière absolue des champs ? On se leurre là-dessus, car c‘est une façon pour que ces champs restent au profit de toute la famille. Entre nous, qu’est-ce qu’on n’a pas vu ? Mon frère doit voyager, donc il faut vendre une partie du champ pour payer son billet ; mon oncle va se marier bientôt, l’autre partie du champ sera mise sous caution pour prendre l’argent qui va payer l’or de sa femme. Et l’héritière absolue dans toutes ces décisions ? Elle n’a aucun mot à dire car c’est papa , oncle et frère qui décident, enfin je veux dire le clan masculin et vous le savez plus que moi !
Maintenant parlons or ! L’or que les hommes comoriens se vantent à l’extérieur du pays pour signifier que la femme comorienne est privilégiée ! Puisque la vérité n’a pas besoin de votre accord pour être prononcée, et bien cet or, finalement n’appartiendra nulle part à la femme. Pourquoi ? Si vous êtes un lecteur comorien, vous connaissez déjà la réponse. Simplement parce que, il suffit d’attendre le surlendemain des zifafa, que la famille retrouve leur vie privée et hop ! Une partie de l’or va payer les dettes du mariage ; et l’autre partie, la femme ne la touchera en aucun cas, car elle sera réservée au futur grand mariage de son oncle et de son frère. La preuve : si vous êtes curieux, allez jeter un coup d’œil à l’or donné à la mariée lors du mariage de tonton ou du frère ; vous y trouverez les mêmes bagues et colliers qui étaient envoyés à leur sœur ou nièce. Eh oui, c’est comme ça, qu’est-ce que vous voulez ? Alors, toujours la chanson que la femme comorienne est privilégiée ?
Ce que je sais c’est que la pauvre hérite d’une vie conjugale instable, conséquence de cette tradition comorienne. Elle et son mari, dans la maison familiale, je parie, leur vie de couple est menacée. Car, le frère, oncle, papa et maman, ont tous le droit de venir m’imposer des réactions et des décisions sur ma vie conjugale. Mais, oui ! C’est logique car c’est la maison de toute une famille après tout. Du coup, des divorces, des crises cardiaques, la merde ! Mais. Enfin, comment l’homme comorien a pu accepter jusqu’en 2007, cette vie de couple chez la famille de sa femme ? C’est incroyable ! Est-ce qu’il est paresseux de travailler et construire sa propre maison ? Je ne crois pas que la femme comorienne refusera de venir vivre dans ta maison. Et, je suis pas là non plus pour donner des leçons aux hommes car ils savent ce qu’ils veulent !
Le sort de la femme comorienne, toute une histoire !!!!
Ce qui est triste actuellement est la violence sexuelle des petites filles comoriennes qui augmentent ; et ceci se passe en cachette car, dans nos traditions, ce sujet est tabou. Donc, on ne connaît pas le nombre de viol et de victimes. Et ni la loi, ni les associations ne peuvent les aider. Un particulier qui essaierait de recenser ces cas de violences sexuelles risquerait d’être victime de la fatwa (hitima et badrii) et du coup, il aurait peur.
Voilà, le sort de la femme comorienne. Continuez à vous vanter des privilèges de la femme comorienne, mais la réalité est là.