« Karipwode mwana mahatru hahudriha ! ri djo hozadeni »
« Bienheureux nous sommes, notre frère, notre fils est un homme, capable d’honorer sa femme, de lui donner affection et amour ! nous vous félicitons »
Lors des nuits de noces, les femmes jugent leurs maris, sur la capacité de leur donner de l’amour, de l’affection et du plaisir.
Le lendemain des noces, la mariée rend compte à la famille du marié et aux amis de ses impressions. Deux types de réponses sont possibles :
"mon mari est un homme affectueux et il a su répondre à mes attentes ". S’en suit un éclatement de joie, de chants et de you-you : " Karipwode mwana mahatru hahudriha ! [1]"
Les gens défilent pour féliciter le marié : « ri djo hozadeni » [2] et les mariés ; les femmes font un clin d’œil à la mariée lui signifiant qu’elle est bien vernie et les hommes regardent le mari avec un brin de jalousie (ils aimeraient être à sa place). Ainsi le mariage est validé et le mari devient un homme respectable.
"je n’ai ressenti aucun plaisir pour mon mari ". Un silence s’installe, brisé par des cris de douleurs de la famille du mari : " Inna lillahi wa inna illahi ra djiuna ! masikini za hundra mwana mahatru. Ka tsi hidru " [3]. Le mari est répudié et le mariage annulé. Il est par la suite banni de la société. C’est simple aucune femme ne veut de lui comme époux. Et ces concitoyens masculins le jugent inapte pour la vie sociale.
Vous y avez cru ! Vous pensez que c’est inimaginable ! Et pourtant en inversant les rôles, vous avez l’image de ce qui se passe aujourd’hui dans certains pays. Le lendemain des nuits noces, la femme est jugée comme une femme bien si elle a saigné : " mwana ha hudriha " ( traduction littérale de cette phrase comorienne, notre enfant avait un hymen intact).
[1] Karipwode mwana mahatru hahudriha : notre frère, notre fils est un homme, capable d’honorer sa femme, de lui donner affection et amour !
[2] ri djo hozadeni : nous vous félicitons
[3] Inna lillahi wa inna illahi ra djiuna ! masikini za hundra mwana mahatru. Ka tsi hidru : Pauvre de nous ! Quel malheur, ce qui arrive à notre frère, notre fils. Il n’est rien.