Traditionnellement, au lendemain d’un changement de présidence aux Comores, on assiste à un phénomène semblable à celui des hirondelles, à savoir, une migration des anciens dirigeants déchus de l’Afrique vers l’Europe, des Comores vers la France.
Comme les hirondelles, leur retour aux pays, coïncide, pour eux, avec l’arrivée du printemps. Qu’a-t-on observé depuis la fin de la présidence AZALI ?
Les ex (ministres, directeurs, porte-bagages, porte-serviettes, etc.) sont-ils venus passer l’hiver au chaud en France en attendant le printemps, pour retourner aux Comores ?
Depuis l’annulation par le conseil constitutionnel de l’interdiction de quitter le territoire de certains dirigeants de l’équipe AZALI, on a toujours pas vu un mouvement de grande ampleur de migration des caciques du colonel vers la France. Certes, ici et là, on peut trouver quelques seconds couteaux qui ont pris le chemin de la France dès l’intronisation de SAMBI, mais d’une manière générale, ceux qui étaient au premier plan, à commencer par le premier d’entre eux, le colonel ( général ?) AZALI, sont restés sur place. Que se passe-t-il ? Ont-ils accumulé assez de « grains » (du blé, dirons certains ) pour passer l’hiver sur place ? Ou, autre hypothèse, assiste-t-on à la fin de ces exodes et dans ce cas, à quoi est dû ce changement ?
Dans un premier temps, je suis tenté de dire que si on n’a pas, jusqu’à présent, assisté à une vague déferlante des anciens acolytes de l’ancien président vers la France, c’est que le président SAMBI n’est pas allé au bout de ce qu’il a promis, ou alors, chose que beaucoup ont du mal à comprendre, qu’il n’y avait pas de quoi inquiéter, sérieusement, les membres éminents du gouvernement précédent.
Mais, dans un deuxième temps, je me dis que si la migration n’a pas été intense, voire nulle, depuis l’arrivée de SAMBI au pouvoir, c’est que peut-être les hommes politiques comoriens sont entrain de prendre conscience des fondamentaux de la politique.
La politique ne peut se faire à distance. Et la fréquence des échéances électoraux (les élections des maires et des présidents des îles ) témoigne de cette nécessité de ne pas trop s’éloigner du foyer électoral si, demain, on veut jouer un rôle majeur .
D’ailleurs, j’observe que des personnalités comme Saîd Mohamed Mchangama est sorti de son « exil » à Paris pour rentrer au pays et prendre la présidence de l’association des maires de l’île de NGAZIDJA.
Et le fait que AZALI en personne, soit resté sur place, malgré les quolibets qui lui sont adressés tous les jours, n’est pas un hasard. Idem pour son ministre de l’économie, M. Maoulana Charif, qui est devenu professeur d’économie à l’Université des Comores.
Mon propos est donc de saluer de telles personnalités - peu importe leur bilan passé - d’être revenues ou restées sur place. Elles ont compris enfin, que la politique comorienne ne se fait pas en France, mais dans nos places de villages, et dans nos différentes assemblées. Autrement dit, la politique est un mouvement qui part de bas en haut, du particulier au général, et du local au national. On ne peut aspirer à une fonction nationale ou à la magistrature suprême, sans avoir exercé des responsabilités au niveau local ou pire, sans une immersion totale dans le paysage politique comorien. Car comment connaître les aspirations des Comoriens tout en vivant en France plus de 11 mois sur 12 par an ?
Ces anciennes têtes d’affiche doivent donc servir d’exemple à tous les futurs politiciens qui ne rêvent d’être aux Comores qu’au printemps et au moindre coup de froid, partir comme les hirondelles, rejoindre l’Europe.
Ce sont donc les politiciens migrateurs que je souhaite dénoncer car ils utilisent les Comores comme un « kleenex ». Vous remarquerez en cette période d’élection, la pléthore de candidatures pour la présidence des îles, par exemple. Un seul candidat, sera évidemment élu.
Qu’adviendra-t-il des autres postulants ? Ils retourneront en France jusqu’’à la prochaine élection. Car ces politiciens amateurs et à mi-temps vivent aux Comores uniquement lorsqu’ils sont au pouvoir et, dès que le vent tourne, ils viennent se réfugier en France pour refaire la politique comorienne dans les escaliers des HLM de PARIS, LYON ou MARSEILLE et dans les différentes cérémonies où il y a du « MAYELE ».
M.C.