Introduction :
Actuellement, le village de Seléa qui abrite la décharge des déchets a refusé l’entreposage des déchets en provenance de la Capitale. Il semblerait que les responsables du village ont mis en avant les conditions déplorables dans lesquelles ces déchets sont entreposés. En effet, il n’existe pas de système de contrôle tant au niveau du site que des déchets.
Cette histoire de déchets pose avec acuité le rôle des structures de base et des autorités nationales et insulaires.
Etat des lieux :
(Projet d’appui à la création d’un Service Autonome de Voirie Et d’Assainissement de Moroni (SAVAM). Par Ulanga Ngazidja et Coordination des Associations de Développement de Moroni. Janvier 2001).
Moroni, capitale de l’Union des Comores est la plus grande agglomération de l’archipel avec quelques 50 000 habitants. La ville est composée de nombreux quartiers traditionnels et des plus récents. Elle comprend une population très diversifiée. Malgré l’existence d’un schéma directeur pour l’organisation et le développement de la ville, celle-ci connaît une extension anarchique liée tant à l’exode rural qu’aux besoins administratifs du pays.
Depuis plus de deux décennies, Moroni se trouve confrontée à des graves problèmes d’hygiène et d’assainissement. La ville ne cesse de grandir au fil des ans et sa population augmente de jour en jour. Cette forte croissance urbaine a eu pour effet le développement de l’habitat précaire et anarchique, des conditions de vie difficile et une dégradation importante des conditions d’environnement. La quantité d’ordures et de déchets ménagers est en constante augmentation. On estime qu’actuellement environ 15 tonnes sont déversés chaque jour dans les différents dépôts qui jalonnent la ville. Cette situation expose la population à des conditions d’hygiène déplorable : les déchets et ordures ménagères sont jetés aux alentours immédiats de leurs habitations, le long des routes et sur les bords de mer. Les ordures en se décomposant constituent des sources d’alimentation des animaux errants (chiens, chats, chèvres...) et aussi des foyers de prolifération des rongeurs (rats, souris...), des moustiques, des mouches et autres vecteurs de maladies.
Aucun organisme ne s’occupe d’une façon efficace et régulière de la collecte et de l’évacuation des ordures. Les Services de la Préfecture et les entrepreneurs privés (Mr Propre, Entreprise Housseine...) assurent périodiquement les activités de voirie. Cette situation a eu pour conséquence une pollution extrême du littoral ainsi qu’une forte dégradation du cadre de vie dans la ville. Le ramassage des ordures ménagères pose ainsi un sérieux problème et les pouvoirs publics ne disposent que de très peu de moyens matériels et financiers.
Depuis quelques années et grâce aux efforts et à l’engagement des associations de quartiers de la ville, une prise de conscience sur l’importance de l’organisation et de la gestion de la ville s’est développée. Des campagnes de sensibilisation et d’éducation de la population ont été développées et ont permis de promouvoir des actions de propreté et de nettoyage dans les quartiers. Les associations de quartier ont mis en place des équipes de collecte à domiciles des ordures ménagères. Cependant, malgré ces multiples initiatives, le problème de la gestion des ordures dans la ville se pose avec beaucoup d’acuité.
Recherche de solutions :
Nous avons extrait des éléments d’une étude de Houmadi NAOILDINE menée en 1999 sur le terrain à la Grande Comore intitulée « Elimination des déchets aux Comores. Etude de Préfaisabilite de l’enfouissement des déchets dans une décharge contrôlée » (Rapport de stage effectué à la Faculty of Engineering de l’Université de Maurice à Réduit.)
Les déchets :
Si les sources de déchets sont bien connues, en revanche les informations sur leur quantité et leur nature physico-chimique ne sont pas assez précises. L’adoption d’un plan national d’élimination des déchets sera l’occasion de clarifier la situation au niveau de la responsabilité de l’élimination des différents types de déchets.
Pour mettre en œuvre une solution de stockage des déchets, une estimation de leur volume est requise pour :
évaluer la quantité de déchets susceptible d’être stockés dans la décharge, incinérés ou valorisés
évaluer la capacité du centre de stockage et sa durée de vie
concevoir et définir un mode d’exploitation qui permettront de :
Prédire la génération de lixiviat et de gaz à chaque étape de la vie de la décharge.
Prédire l’impact que celle-ci aura sur le milieu naturel.
De ce fait, une étude détaillée sur la génération des déchets, les différents gisements ainsi que les capacités de collecte et les caractéristiques des déchets permettrait de fournir les informations nécessaires à notre démarche.
La collecte se fait par apport volontaire sur des dépôts à partir desquels l’évacuation est assurée par les camions de la préfecture vers les décharges.
La situation au niveau des décharges est très urgente. Rien qu’à Moroni à la Grande Comore, les sites de dépôts qui étaient au nombre de 9 début 2000 ont depuis explosé de façon anarchique...
Exemples :
place du port
place Mtsangani
quartier Itsangadjou
place alliance franco-comorienne
petite coulée
Mboueni
petit marché
marché volo-volo...
Identification de sites potentiels pour la décharge :
Plusieurs critères techniques, économiques et environnementaux sont requis pour le choix d’un site d’implantation d’une décharge contrôlée.
Les principaux critères sont :
Les conditions géologiques
Les conditions hydrogéologiques
Les conditions climatiques
L’impact environnemental de la décharge sur les différents milieux
L’aspect économique
Accessibilité du site dont le coût de transport des déchets vers le site
Sites étudiés :
Les 4 sites potentiels retenus pour l’implantation d’une décharge contrôlée sur l’île de la Grande Comore présentent, pour la plupart, plusieurs contraintes pour une décharge contrôlée :
La sensibilité générale à l’environnement,
L’opinion générale,
La pollution des eaux souterraines,
Les conditions météorologiques,
Les odeurs
L’impact visuel,
Les nuisances sonores
Les poussières,
Eléments d’identification des sites :
1. Seléa à Ouest Sud Ouest
Situation générale :
Le site de Seléa se situe sur le littoral dans un terrain domanial à l’Ouest du village de Seléa-Bambao.
L’accès au site se fait par une route bitumée à l’entrée du village de Moidzaza.
Le site renferme une décharge non contrôlée dont nous ignorons la date de mise en service. Ce sont le gouvernorat de Ngazidja et l’entreprise privée Monsieur Propre qui exploitent la décharge. Celle-ci reçoit les déchets en provenance de la région du centre de l’île. Les déchets présents sont des déchets ménagers ainsi que des déchets hospitaliers selon un rapport de la coordination nationale du PRE/COI.
Avantages :
Près des principales sources de production des déchets
Présence de matériaux argileux dans la région
Inconvénients :
La zone sur laquelle se trouve le site est près des régions urbaines du centre de l’île où se trouvent les villes de Moroni, Iconi et ses environs.
Se trouve sur la façade Ouest de l’île ayant une très forte pluviométrie
Sur la zone côtière avec la présence d’un milieu sensible
Forte pluviométrie, supérieure à 2500 mm.
2. Simboussa au Sud
Situation générale :
Le site est situé dans une zone du massif ancien de Badjini au sud de l’île.
Altitude de 600 mètres.
Avantages :
Présence de matériaux argileux dans la zone nécessaire à la construction de la décharge, néanmoins, du sol sableux est abondant
la zone est relativement peuplée
Inconvénients :
Charge liée au transport des déchets est très importante.
Il est plausible que des nappes perchées existent dans la zone, des sources d’eau peuvent être observées par moment.
Pluviométrie relativement élevée, environ 2000 mm
3. Itsoundzou au centre de l’île
Situation générale :
Le site se situe au centre de l’île sur la limite entre le plateau de la Grille et le massif du Karthala. L’altitude de ce site est à 800 mètres.
Avantages :
la zone est très peu peuplée
pluviométrie relativement faible, inférieure à 2000 mm par an
Inconvénients :
Absence de matériaux argileux dans la zone nécessaire à la construction de la décharge, néanmoins, du sol sableux est abondant
Coût lié au transport des déchets assez élevé mais pouvant être réduit par la création d’une route reliant le site aux villes de Ivembeni et Maoueni dans le Boudé.
4. Bangoi au Nord
Situation générale :
Situé à l’extrême nord de l’île à environ 10 km de la zone hôtelière de Mitsamiouli
Un lac salé au bord de la mer se trouve dans la zone
Pas de forêt dans la région
Avantages :
Coût lié au transport relativement faible comparé aux autres sites
Faible pluviométrie, inférieure à 1500 mm par an.
Inconvénients :
Proche de la zone côtière bordée d’un récif
Situé dans une zone touristique
Absence de matériaux argileux nécessaire à la construction de la décharge
îllustrations de dépôts d’ordures :
Route Caltex
Route Caltex
Route du Lycée SMC
Route du Lycée SMC
Route du port
Route du port
Route du port
Vieux marché
Vieux marché
Vieux marché