Comment ne pas déprimer face à la déferlante du "c’était mieux avant !"
Chacun fait part de sa nostalgie. Les Îles Comores n’allaient pas si mal dans ces années là ! Quelles années ? 1960, 1965... ou 1975 ou encore 1990 ?
Cela fera bientôt 30 ans depuis que les Comores ont accédé à la souveraineté nationale. Nous sommes les témoins impuissants de 3 décennies de misère et d’instabilité politique.
Plutôt que de cultiver le terrain de la nostalgie et de s’accuser mutuellement, construisons autre chose ; les responsables politiques du pays, au pouvoir comme à l’opposition, devraient considérer les problèmes avec un peu plus de sérieux.
De nos jours, les vilageois se sont substitués à l’état pour la réalisation d’ouvrages publiques : la construction d’écoles et de bibliothèques, l’aduction d’eau, l’électrification, etc.
Prenons l’exemple d’une petite commune du Nord de Ngazidja qui prit l’initiative de construire un édifice public. La grande partie du financement était assuré par la diaspora sous forme de cotisations. La première cotisation a été fixée à 914,69 Euros (450 000 francs comoriens), et la seconde cotisation à 437,35 Euros (225 000 francs comoriens). Celui qui n’a pas honoré son engagement se verra infligé une sanction financière pouvant atteindre le triple du montant des dites cotisations (environ 1 500 000 francs comoriens = 3048,98 Euros). La mesure commence déjà à enregistrer d’excellents résultats, puisque deux personnes (n’ayant pas versé à temps les cotisations) viennent de verser la somme de 3 000 000 francs comoriens [1]
à la date du 5 octobre 2004.
Plutôt que de perpétuer les éternels luttes au pouvoir, les responsables de l’état comorien devraient adopter une attitude ferme dans la gestion des deniers publiques.
Pourquoi, nos jeunes soient disant cadres et dirigeants n’ont pas la volonté d’assumer leurs responsabilités dans la gestion des finances publiques ? Si des mesures coercitives, à l’instar de celles prises par la commune ou le village en question, étaient mises en place, ces jeunes ne se défileraient pas et adopteraient une attitude ferme.
Tout cela fait quand même beaucoup de "si" pour un petit pays comptant moins de 800 000 habitants répartis sur 3 (ou 4) minuscules îles gouvernées par 4 présidents (dont un par île, plus le président de l’Union) aux ambitions opposées - si ambition il y a tout de même - et où personne n’a de compte à rendre.
[1] 3 000 000 francs comoriens = 40 000 FF = 6097,97 Euros