Ô cris affamés affaiblis encouragés par l’enfant
enragé sans protège
Aux indifférences dictées indignement,
je bave ma douleur
Ô fêtes ! Fêtes incessantes sous nos palmiers noircis
par vos incrédules coups
par-dessus ma terre
Aux crépuscules menaçants j’oublie. Je m’offre à vos
fallacieuses ambitions
Ô sourires forcés féroces déguisés métisses rapaces
nus traumatisants
Aux matins tremblants manigancés. Je rampe jusqu’à
l’ultime
Ô lance mortuaire buveuse de vies voleuse d’espoirs
violeur de prières
Aux charmes aigus,
je m’habitue.
Ô corps (non mien) à facettes obscurs, baiser
ensorcelé, moment d’exalte
de toute la vie d’un malheureux fantasme rêve
Aux secousses brusques. Aux rescousses. Je suis le
fils de l’amour qui s’hasarde aux jardins qui fanent
Ô bateau qui craque qui chavire terriblement qui se
noie et noie l’enfant, agonie qui nous chasse qui nous
adresse ce vent ouragan-ami
Aux aurores promises. Je clame un soleil refuge, un
miroir éclaireur
Ô mains tendres leurres sabotant la rite, nouvelle et
innocente
Aux prestiges naissantes, vos murmures s’apeurent
encore vos fossés deviennent de plus en noirs, encore
les lapidations choient aux petits matins chuchotés et
certifiés
Ô voisins
Aux lendemains certains, on s’en sortira
Ô enfants ô femmes ô mains amoureuses d’un peuple
naissant, pionniers du décor en vigueur
Aux rythmes de nos feux jaillira le chant
Ô âmes cachées en nous
Aux départs sournois entendriez-vous la sirène
Ô mère
Aux amours, irons-nous balader
Badrou