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Archives Holambe ComoresArchives :: Présidentielles Comores 2006
Article archives Que la volonté du peuple comorien soit respectée et sa réaction comprise   
 (par Soule Idrissa) : 4 - 06 - 2006
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Que la volonté du peuple comorien soit respectée et sa réaction comprise

Le dimanche 14 mai 2006, le peuple comorien a rendu son verdict. Avec 58,02 % des suffrages, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, surnommé « l’Ayatollah », est déclaré, le jeudi 18 mai 206, officiellement élu président de l’Union des Comores, pour un mandat de quatre ans, par la Cour Constitutionnelle. Il a devancé largement le candidat proche du président sortant Azali Assoumani, Ibrahim Halidi qui n’a recueilli que 28,32% et l’ancien militaire de l’armée française, Mohamed Djaanfari qui a rassemblé seulement 13,65% des suffrages.

Depuis des années, les dirigeants comoriens sont en général placés à la tête de l’Etat, d’une manière frauduleuse. La fraude électorale était renforcée et justifiée par le fameux discours : « c’est le candidat soutenu par la France qui gagne toujours les élections ». Cette attitude devient de plus en plus inopérante et désuète. Cette fois, le peuple comorien n’a laissé personne s’arroger le droit de décider pour lui. Comme ce fut aussi le cas en mars 1996, pour l’élection du président Mohamed Taki Abdoulkarim. Les électeurs ont confirmé le changement de comportement en 2006.

Bonne ou mauvaise, c’est sa décision. Les motivations peuvent être diverses. Elire et placer Sambi à la tête de l’Etat comorien est qualifié par certains, aux niveaux interne et international, de « suicide collectif ». Elire un « Sambi » arabophone, aujourd’hui était prévisible, et un « autre » à la prochaine échéance est probable. Les Comores n’abritent pas que des francophones. Nombreux sont les pays anglophones, arabophones...qui ont ouvert leurs portes aux bacheliers comoriens, depuis que la France a opté pour des restrictions en matière de visa étudiant. La sonnette d’alarme a été tirée depuis les années 90. Malheureusement l’indifférence a pris le dessus. Les conséquences de cette situation ont été sous-estimées, et aujourd’hui la leçon est donnée.

Le programme du président « Sambi » n’est guère différent de ceux de ses concurrents, ni même des autres projets de société que les Comoriens ont l’habitude de connaître de nos politiciens. Ces derniers ont coutume de ficeler un montage la veille d’une élection pour le proposer au peuple. Que des projets théoriques, méconnaissant les réalités et les moyens de notre pays. De l’utopie quoi !!!

Qu’est ce qui a poussé le peuple comorien à voter « Sambi » ? Les raisons de son élection se sont amassées au fil des années, et sont d’ordre divers : religieux, politico-religieux, économique et financier, etc. Quand un individu est en difficulté, il a tendance à se réfugier dans la religion. Et Sambi a su exploiter ce côté, face à la misère qui est en train de traumatiser les Comoriens. Politico-religieux, dans la mesure où, étant arabophones, les étudiants comoriens dans le monde arabe sont en nombre très important et ils rentrent au pays après leurs études. Il a réussi à faire jouer sa qualité de chef d’entreprise.

Le ras-de marée s’est déclenché quand le temps du ras-le-bol a sonné. Les abus de pouvoirs d’AZALI et de son équipe ont pesé lourdement. Il a fallu, pour les Comoriens de se débarrasser, à tout prix d’AZALI et de ses proches. Nombreux sont les électeurs comoriens qui ont soutenu et voté Sambi, pour la seule raison qu’il était le favori, pour mettre fin au règne d’AZALI et de ses acolytes. Peu importe les raisons de son élection, Sambi fait partie des présidents comoriens bien élus démocratiquement, derrière Mohamed Taki Abdoulkarim.

L’électeur étant divers, les motivations sont nécessairement variées. L’élection est l’une des possibilités dont dispoe le peuple pour juger et sanctionner ses dirigeants. C’est ce qui s’est passé aux Comores, le dimanche 14 mai 2006.

La démocratie l’a emporté. C’est essentiel. Un espoir pour conduire les Comores vers le chemin du renouveau fait jour.

 

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