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:: Billet et Humeur ::
Insomnie 21 - 05 - 2006
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Hier j’ai mal dormi, à dire vrai cela fait un bon moment que je n’ai pas connu de sommeil profond, que je n’ai pas goûté à la douceur d’un rêve, ou au sentiment de bien être après la tranquillité d’une nuit paisible. Ma tête doit être remplie d’angoisse et mon esprit trop préoccupé pour me laisser aller, et profiter de ce moment de délice où le corps et l’esprit peuvent enfin être en symbiose, en paix. Hier une copine m’a appris que son cousin a fait une tentative de suicide, vous me direz « encore un jeune à problèmes, qui sous le poids du désespoir essaie d’en finir, encore un autre... » Oui, c’est vrai que d’une certaine façon le suicide est devenu banal, et que la plupart des gens qui vivent sans but, sans attache ou sans point de repère se laissent aller au désespoir, ce qui les poussent à en venir à certains actes aussi violents que tristes. Oui, sauf que cette fois-ci la personne en question est âgée de 11 ans. Là peut-être comprenez vous mieux la raison de mes insomnies, qui me poussent à me demander ce qui peut amener un enfant à vouloir mettre fin à ses jours, à me demander comment à 11 ans on peut savoir que l’on peut mourir, qu’on peut causer du mal aux êtres qui nous aiment par un tel comportement ? Moi à son âge, dans mes souvenirs, lors de mes moments de crise, c’était plutôt du genre « moi je pars d’ici, vous êtes pas ma famille car vous ne m’aimez pas » ce qui d’ailleurs ne m’emmenait jamais plus loin que chez ma grand mère. Mais en aucun moment je n’aurai pu penser au suicide ou à la mort ! Chose qui pour moi à cet âge n’était encore qu’une vague idée méconnue et incompréhensible. Alors s’il vous plaît expliquez-moi car ma conscience n’arrive pas à trouver de prétexte que ma raison puisse accepter.

Hier j’ai encore mal dormi, à dire vrai ça fait un bon moment que je n’ai pas connu de sommeil profond, que je n’ai pas goûté à la douceur d’un rêve, ou au sentiment de bien être d’une nuit paisible. Ma tête doit être remplie d’angoisse et mon esprit trop préoccupé pour me laisser aller, et profiter de ce moment de délice où le corps et l’esprit peuvent enfin être en symbiose, en paix. Hier une amie m’a annoncé qu’on allait la marier de force, avec une personne qu’elle prenait pour un oncle et qui pourrait être le cadet de son père. Cette fille a 20 ans, elle a un fils d’une ancienne relation qui s’est mal passée, ce qui dans notre culture est une honte pour une mère. Notre culture où l’honneur de la famille passe avant le bonheur, où l’on doit sacrifier sa vie pour ne pas salir le nom et où des destins d’enfants sont brisés pour des principes qui aujourd’hui doivent être remis en cause. C’est au sein de cette culture qu’a grandit cette fille, toujours obligée d’obéir à ses parents aveuglément sans jamais rien dire, sans jamais pouvoir faire de choix tout en étant obligée de se conformer aux règles imposées par ces derniers . Alors, un jour elle craque, fait des erreurs et ne pouvant en parler, s’enferme sur elle-même n’ayant que pour seul ami la solitude. Mais comme tout se sait, la famille se trouve devant le fait accompli et se retrouve avec un enfant sur les bras, un enfant que la société qualifie d’illégitime pour ne pas être vulgaire. Une fois encore pour éviter l’affront de la famille on va la marier sans tenir compte de son avis, pas pour elle non, mais pour que l’honneur de la famille soit sauf et que demain les parents n’aient pas honte de leur fille et qu’ils puissent parler en public. Mais elle dans tout ça ? A-t-on pensé à elle ? A-t-on pensé a sa situation ? Obligée de vivre avec une personne qu’elle ne supporte pas, de partager le même lit que lui, se faire toucher par cet inconnu ; chaque soir pleurer au fond de son lit, obligée de se décrasser sous la douche après chaque acte, se sentant souillée. Et tout cela avec un homme avec lequel elle devra finir ses jours. Ce ne sont pas eux qui vont vivre cet enfer, personne ne partagera son mal de vivre, cette souffrance intérieure infligée pour une erreur. Mérite-t-elle vraiment un tel sort ? De plus par sa propre famille ? D’ailleurs je ne pense pas qu’ils ont déjà vécu ça car comment pourrait-on faire à autrui ce qu’on n’aimerait pas vivre ? Est-ce par vengeance, par ignorance ou par hypocrisie ? Dieu seul le sait.

Hier j’ai mal dormi, à dire vrai ça fait un bon moment que je n’ ai pas connu de sommeil profond, que je n’ai pas goûté à la douceur d’un rêve, ou au sentiment de bien être d’une nuit paisible. Ma tête est remplie d’angoisse et mon esprit est trop préoccupé pour me laisser aller, et profiter de ce moment de délice ou le corps et l’esprit peuvent enfin être en symbiose, en paix. Hier j’ai rencontré un ami qui vient d’arriver du bled, cela fait deux ans et demi que je n’avais plus de nouvelles. Il a maigri mais cela a l’air d’aller, sa peau a un peu noirci et son sourire semble triste, il a l’air d’avoir vieilli à voir les traits de son visage qui ont durci et le ton sérieux de sa voix. Il m’a dit que depuis mon départ beaucoup de choses ont changé, et malheureusement pas cela n’a rien de positif. Les temps sont de plus en plus durs, la nourriture manque et le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi bas. Si par chance on avait un peu d’argent il ne restait plus grand-chose dans les magasins. Il m’a parlé de mes cousins, de mes amis et de ma famille là-bas et je vous assure que j’en ai eu les larmes aux yeux, car j’ai appris que la drogue et l’alcool ne sont plus tabous, et que bien que se soit un pays à tendance musulmane, on ne se cache même plus pour en consommer. Les jeunes commencent de plus en plus tôt à connaître l’ivresse et veulent faire pire que les grands. Vous rendez-vous compte que je parle de jeunes de 12-14 ans qui s’enivrent et qui ont trop de fumée dans la tête pour pouvoir se rendre en classe ! Les filles que j’accompagnais à l’école ou que je grondais sont devenues des femmes, et en temps que femmes recherchent des hommes, des vrais, pas des ados et bien entendu nos aînés s’en donnent à cœur joie. L’amour a finalement un prix et en plus se vend soldé, la morale a pris sa retraite car les mœurs ont vieilli et ont fait leur temps. Les grands ne veillent plus sur les petits, la mère n’éduque plus ses enfants. Le bon sens est porté disparu.

Le manque de sommeil m’affecte, j’ai le cœur triste et la pensée mélancolique. J’ai de la peine pour ce gosse mais en même temps le comprend. J’aimerai tant venir en aide à mon amie mais je ne sais quoi faire. J’ai tant de peine pour mon pays, j’aimerai tant que tout s’arrange, que tout change et que tout redevienne comme avant, mais malheureusement les paroles ne suffisent pas. Ce sont les hommes qui bâtissent un pays, l’homme est le seul à pouvoir changer les choses, mais le patriotisme n’est plus d’époque et la révolution est devenue un mythe. Une chanson populaire dit que le peuple uni ne saurait être vaincu... C’est vrai, mais l’espoir restera toujours l’opium du peuple. L’espoir est l’opium du peuple...

 

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