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Sur les causes du mal Comorien   
 (par Bébé Hadji MZE MCHINDA) : 23 - 04 - 2006
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Sur les causes du “mal comorien”.

On a coutume de fustiger les agents de l’Etat et les politiciens. Les premiers car on considère que leur fonction est de maintenir le service public. Et les seconds, car une fois au pouvoir, leurs actes ne reflètent pas les discours qu’ils véhiculaient avant la prise des commandes de l’etat et ne répondent pas en tout cas aux attentes du peuple. Ces critiques sont bien entendu valables et recevables.

On a coutume de fustiger les agents de l’Etat et les politiques (...) en considérant que leur raison d’être n’est justifiée que si, pour les premiers, la mission de service public soit rendue de façon sacrée, et avec l’éthique que requiert la fonction .Et que pour les seconds, les pensées politiques et leurs actes, une fois aux commandes, ne reflètent pas leurs discours et ne répondent pas en tout cas aux attentes du peuple. Ces critiques sont bien entendu valables et recevables.

Mais l’on s’abstient de stigmatiser le comportement de la Diaspora ( !) vis à vis de l’autre, des familles, des collectivités locales et des politiciens.

C’est même impensable que les observatoires et forum comoriens n’en fassent pas l’observation et en gardent un tel mutisme. Car, la Diaspora elle-même constitue par le transfert d’argent qu’elle effectue en direction du pays, une force d’appoint considérable pour les Comores. Ce qui lui vaut de facto, ce rôle moteur dans l’économie du pays. Donc un super pouvoir mais très mal assumé. En ce sens que la diaspora s’illustre à financer des actions ponctuelles aux intérêts spontanés, relevant uniquement de la stricte obligation morale du devoir accompli vis-à-vis de la famille. Ce faisant l’on maintient les familles comme le pays tout entier dans une situation de dépendance et d’assistanat quasi permanente.

Oui, à travers cette assistance inconditionnelle, la Diaspora Comorienne contribue au maintien de tout un corps social au point mort, voire même à la régression du pays pendant que dans d’autres contrées, la Diaspora serve d’impulsion et de force de propulsion à son pays pour faire face à ses défis.

Oui, à travers le culte soutenu, que voue la Diaspora à la personnalité politique, à l’image des clameurs de propagateurs et spécialistes du mensonge, elle pousse davantage la société comorienne dans le trou.

Oui, en n’ayant pas pris conscience de son Super Pouvoir, parce que non exercé à bon escient, la Diaspora comorienne livre inconsciemment sa patrie à l’oisiveté et au fatalisme.

Observés dans leurs relations avec les membres de leurs familles restés dans les villages ou dans les villes, les Comoriens expatriés demeurent leurs référents incontestés. Du vivant des proches comme à leur mort, Ces expatriés exercent sur eux un pouvoir directionnel et décisionnel en raison de l’espoir placé en eux pour répondre, d’un point de vue matérielle, à un certain nombre d’exigences familiales telles que, instaurées et acceptées par les Comoriennes et les Comoriens.

Puisque c’est ainsi, pourquoi ces mêmes expatriés, messies autoproclamés des familles et proches, ne pensent pas fructifier leurs aides et soutiens financiers en offrant une existence autonome aux leurs ? Une autonomie qui passerait à mon sens par une formation et l’acquisition d’un savoir faire rémunérateur. Ce faisant, Ils feraient d’eux des responsables et des personnes à part entières engagées pour une vie individuelle et collective épanouies dans lesquelles tout un chacun a un rôle à jouer. On pourrait appeler cela une exigence non seulement de raison de la part de ces mêmes expatriés mais aussi fondée ; une attitude éducatrice qu’ils doivent s’assigner, pour bâtir autrement la société Comorienne.

L’influence des expatriés dans leurs familles respectives ne doit pas consister exclusivement à ce rôle de pompe à fric pour soutenir les fantasmes des familles.

A un autre échelon, dans le cadre des localités, les communautés d’expatriés se sont regroupées en des structures plus ou moins pérennes. Organisant des activités périodiques à la fois de distraction et culturelles dont la participation se monnaye. Celles- ci, ont pour vocation de venir en aide aux populations locales par une amélioration de leurs conditions de vie.

Il est vrai, on observe dans les localités comoriennes d’aujourd’hui, l’expression d’une volonté d’aider à mieux vivre par des réalisations d’intérêt collectif pour le moins.

Il n’en demeure pas moins que pour beaucoup de ces réalisations dites de développement des localités, l’intérêt collectif tiré ne se limite qu’au stade de beauté de façade dépourvue de consistance car ne répondant pas aux interpellations du vrai développement qui fait défaut en terre Comores ; une beauté pourtant coûteuse hélas alors que bien souvent de courte vie.

Le vrai développement en somme est à la fois culturel et social avant de se traduire en économique.

A cet égard, il n’est pas sans importance de souligner, outre l’enrichissement impuni de certains membres de ces communautés d’expatriés et de certains correspondants locaux mandatés par leurs pairs d’assurer le suivi des projets. Mais,aussi le fait que ces projets engagés au nom du développement constituent des sources d’allocations indues pour des prétendus prestataires aussi locaux et de tous genres, à commencer par les politiciens issus du culte. On dit de ces derniers qu’ils mènent une vie de tortue pour la simple raison qu’ils s’alimentent en milieu marin mais aussi en dehors. Des intrus dans les actions dites de développement, initiées par les communautés extérieures venant au secours des pauvres populations locales, à double casquette, peut-on dire. Car, ils se comportent à la fois comme agents de l’Etat mais aussi politiciens.

Subsidiairement, ils sont missionnaires et rabatteurs au profit de quelques professionnels prestataires peu recommandables auxquels expatriés et locaux ont recours en l’absence de mieux.

Si ce n’était que ça, le rôle de vache à lait qui est celui de la Diaspora comorienne pourrait être renversé à partir d’une énergique prise de conscience pour le changement.

Mais, en l’absence d’un pouvoir étatique digne, entremetteur et locomotif, comment imaginer un revirement de situation ? Convenons-en, tout effort a besoin d’être soutenu.

Les pouvoirs connus jusqu’à nos jours ne se sont-ils pas tous servi des insuffisances sociales, de l’inconscience de la Diaspora, maintenus grâce aux services des Douanes ; lesquels services n’existent en réalité que par la même Diaspora ?

En l’espèce, les Comoriens savent que beaucoup des personnes dites affairistes échappent avec aisance aux maigres droits douaniers dans le cadre de leurs activités. Là encore, les filières politiciennes d’un système jouent bien leur rôle par recommandations et passe-droits auprès de ces services. Drôle de système ! Mais telle n’est pas la problématique du jour.

En somme, cette même Diaspora, n’a-t-elle pas fait et défait au fil du temps les hommes dits du pouvoir comorien et, contribué activement, à l’édification de la société comorienne telle qu’elle existe aujourd’hui ?

La solution globale pour un pays malade du fait du traitement des siens avant celui des autres viendrait des comoriens de l’extérieur. Ce qui suppose une prise de conscience, une détermination de reconquête du comorien de l’intérieur, qui, depuis des années se trouve malheureusement entre les mains d’une horde de privilégiés.

En clair, une reconquête pour reconstruire autrement à partir d’une remise en cause de ces façons d’être sociales, acceptées et ancrées dans nos mœurs. Un rejet sans appel de la culture d’arrivisme et de l’assistanat systématique. Car aux yeux du grand nombre, lesdites manières portent un préjudice énorme. L’instant étant grave, en la matière, la Diaspora se doit de faire le pari de répondre aux attentes des Comoriens en adoptant une conduite différente qui la positionnerait à la fois dans son rôle nécessaire d’assistanat traditionnel comme celui d’éducateur exigeant, dirigiste vers une existence autonome pour tous.

Hadji MZE MCHINDA - Bébé

 

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