KASIYA LA KOMORI
Le choix du président appartient au seul peuple Comorien. Seul un exécutif élu sera légitime.
Les 72 heures imparties à la Cour Constitutionnelle pour se prononcer sur le premier tour du scrutin présidentiel du 15 avril, se sont écoulées, sans que ses décisions n’aient été publiées
C’est le dernier d’une série de manquements dans l’organisation de ces élections.
La responsabilité des irrégularités constatées à Nyumakele, revient à la CNEC - commission nationale électorale des Comores, à la Commission de l’île, et en dernier ressort au gouvernement de l’Union garant de la constitution et du respect du calendrier des consultations populaires.
Cette situation nourrit un climat délétère où des factions politiques et des intervenants extérieurs, multiplient les pressions pour ignorer la volonté populaire et avancer des schémas aventureux qui ne pourraient être que des coups d’état constitutionnels.
On est tenté de croire que les irrégularités ont été voulues pour dévaloriser le scrutin et ouvrir la voie à l’aventure.
Les déclarations belliqueuses des uns et des autres sont irresponsables, méprisables et dangereuses.
La population d’Anjouan s’est mobilisée pour exprimer ses préférences. Les irrégularités ne sont pas de son fait.
La cour constitutionnelle se doit de constater avec objectivité, dans les temps impartis par la loi, la validité des suffrages exprimés, sans parti pris, et sans anticiper sur les conséquences politiques pour les candidats. Les décisions lui appartiennent. Dans la situation actuelle, elle est seule responsable de l’avenir immédiat de notre pays. Elle renforcera l’esprit républicain par la clarté et la transparence de son arrêté ou ajoutera au mépris des institutions par la population, en mettant de côté le droit pour les arbitrages entre puissances.
Kasiya la Komori, lors de son congrès constitutif du 15 avril 2006, a regretté de ne pas pouvoir soutenir de candidat, aucun programme n’apportant des réponses aux problèmes des Comoriens. Pour autant nous ne serons pas complices par notre silence des manipulations des uns et des autres.
Puisque personne n’ose dire la vérité, Kasiya la Komori le dit : cette situation favorise les manoeuvres françaises et le gouvernement de l’Union. La France veut imposer un président de son choix, barrer la route à un candidat considéré comme un dangereux islamiste et au besoin soutenir une transition qui serait guidée par ses obligés. Le clan Azali saisirait la transition pour prolonger le mandat au moins pour une partie des siens.
Il appartient aux seuls Comoriens de choisir leur président. Le processus électoral doit aller jusqu’au bout .
Le Comité Central de Kasiya la Komori
Moroni le 20 avril 2006