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Archives Holambe ComoresArchives :: Présidentielles Comores 2006
Article archives La Faillite de l’élite   
 (par Fazil Abdoulhamid) : 10 - 04 - 2006
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La Faillite de l’élite

Les prochaines élections présidentielles aux Comores ont provoqué beaucoup de remous à tous les niveaux. Et l’élite n’y a pas échappé. J’aurais pensé qu’une diaspora assez critique au régime AZALI comme une élite déçue et désabusée se montreraient plus exigeantes vis-à-vis de ceux qui prétendent aux destinées du pays pour leur imposer enfin,des engagements clairs en adéquation avec les aspirations des comoriens. A ma grande surprise, je m’aperçois que le sursaut n’est pas de sitôt. Car chacun est allé de sa propre musique pour marquer sa différence. Mais comme tout ce beau monde joue la même partition, la symphonie n’est qu’un refrain en boucle d’un classique très connu « NAMI PVANGU ». Traduisez « pourquoi pas moi » ou « moi aussi ». Par conséquent, ce spectacle a décomplexé plus d’un. Car l’exigence n’est plus, ni programme politique, ni projection sur l’avenir. Mais plutôt la capacité de mobiliser son village derrière soi. Ce qui explique la pléiade des candidatures aux primaires du 16 avril.

« Le moi aussi » a eu raison sur tout : supplantant de facto le patriotisme, la compassion au mal être du pays et le désir de bâtir un pays capable de redonner foi à la politique, espoir et optimisme à ses citoyens.

Après les alliances improbables, ce fut le tour des banquets pathétiques : Une partie de la diaspora et de l’élite expatriée en France ont manqué de lucidité en offrant au tandem CAABI-KAMARZAMANI, un banquet sous « le signe de l’espoir » en soutien à leur ticket aux présidentielles. Un optimisme précaire, car fondé sur le nombre de postes importants que le candidat CAABI a occupé jusqu’ici. L’argumentaire aurait certainement un peu plus de consistance si tout au long de cette carrière riche de fonctions importantes, l’on pouvait vanter les réalisations au pays que le bonhomme mettrait à son actif. Bien entendu cela relève de l’exigence du peuple et non du fan club du candidat. Mais en appelant la population à apporter son suffrage sur ce tandem que l’opinion locale qualifie de flagrant mensonge et d’abus aux comoriens, l’élite comorienne ostensiblement présente à ce banquet du 31 mars, a hypothéqué la confiance qu’elle attend du peuple. Car, de tous les duos en compétition, c’est le moins parlant en terme d’harmonie. Un ticket formé par le vice président sortant et le candidat malheureux aux dernières élections présidentielles, devenu depuis l’opposant numéro un du régime sortant, est une prouesse dans la farce. Seule une élite en manque de repaire et misant sur l’opportunisme ne veut pas faire le constat de cette incongruité. Si elle veut rester à sa place, l’élite comorienne se doit désormais, de rompre avec cette logique de « moi aussi », se donner comme mission de mettre son talent au service du pays, d’être l’inspiration des décisions au sommet de l’état et s’impliquer par son savoir faire aux initiatives porteuses pour un vrai changement au pays. Car sa faillite dans son rôle régalien crée de facto, l’émergence de courants de pensées dangereux s’autoproclamant les défenseurs du peuple. Il n’est pas d’ailleurs exclu que Mr SAMBI alias AYATOLALH connu sous le discours et les louanges à la limite de l’extrémisme remporte ces élections. Ce qui serait une sanction à l’endroit de notre élite.

La démocratie représentative répond à la nécessité par toute nation de confier la chose publique à des responsables, qui s’en chargent pour un temps donné. Sous l’ère DJOHAR (paix à son âme), notre élite, sous l’impulsion de Mohamed Said ABDALLAH MCHANGAMA a été remarquablement et de façon raisonnée investie à cette charge. C’était à la fois honneur et fardeau ; la charge du pouvoir comporte certes, une pléiade d’avantages que même dans les grandes démocraties on n’arrive pas à limiter et contrôler. Mais confondre le statut de politique, élu ou nommé avec les privilèges ou les profits d’une classe égoïste, c’était travestir la démocratie elle-même. Pour s’être montrée trop encline aux privilèges qu’à l’honneur de ses fonctions, notre élite a raté son coach. C’est le plus grand reproche que beaucoup font à tort, à MSAM en tant que révélateur de cette élite. AZALI qui depuis sept ans s’est fait entourer de quadras super diplômés ne s’en sort pas mieux ; la gravité des dégâts de ces derniers est hors de proportion de leurs diplômes. Faut -il alors chercher plus loin un autre mal du pays que cet handicap de sa matière grise à se chercher et à s’affirmer comme levier à le sortir de sa misère ? Je crois que non. La faillite n’est pas le fait d’une incompétence intellectuelle mais d’une incapacité à sortir des schémas de pensée inadaptées aux problèmes des comoriens. L’excès d’optimisme qu’affiche une partie de notre élite au candidat CAABI en raison de son curriculum vitae et du prétendu soutien qu’il a de la France, et non par une idéologie qu’il incarnerait, en est l’illustration. Le manque pour notre pays d’un idéal social, de repères et de références l’a fait plonger dans un fatalisme irréversible. Et la première des victimes c’est notre élite, condamnée à des petits boulots à l’étranger. Ces élections auraient été l’occasion d’entendre enfin une élite mobilisée et consciente de son devoir. Et La contribution qui lui sied, était d’exiger au futur président des garanties fortes pour mettre le pays sur le cap des défis politiques, économiques et technologiques du monde moderne. Le rendez vous a donc été manqué. L’on ne peut qu’espérer que le principe de la dialectique selon lequel : « toute chose change en son contraire » nous réussisse, pour qu’un médiocre vice président se révèle un brillant président.

FAZILIDINI

 

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