Le président AZALI et le CRC ont finalement lâché Caabi El Yachroutu Mohamed qui n’a jamais voulu du soutien du parti du colonel président. On se rappelle que le CRC a lourdement insisté auprès de Caabi pour lui imposer Kemal comme vice président, en vain. Caabi voulait bien du soutien de l’appareil du colonel mais pas jusqu’à s’afficher en publique avec eux. Est-ce que Azali et les siens se sont sentis du coup menacés par un Caabi qui les lâcherait plus tard ?
Toujours est-il que le CRC et le colonel Azali se sont ralliés à la dernière minute derrière la candidature d’Ibrahim Halidi, si bien que ce dernier s’est vu obligé de changer de candidat à la vice présidence de Ngazidja en remplaçant Youssouf Said par le prince du CRC (Kemal) ,après que de nombreux postulants furent écartés. La mobilisation de l’appareil de l’Etat derrière Ibrahim Halidi est totale. Un avion a même été affrété pour transporter des délégations de Ngazidja se rendant à Anjouan rencontrer l’état major de Mr Halidi. Par ailleurs ordre est donné à tous les fonctionnaires de l’Etat, de soutenir Ibrahim Halidi sans discussion avec menaces de licenciement à ceux qui ne suivraient pas la ligne directrice. Ainsi un Directeur de cabinet d’un Ministre en a fait les frais en se voyant interdire de voyager à l’aéroport de Hahaya où il s’apprêtait à prendre l’avion. On reproche au fonctionnaire de soutenir des candidats autres que Halidi.
Que s’est-il passé entre Azali et Caabi qui motive l’aigreur de Azali envers son ancien vice président ? Est-ce la peur de l’incertitudes sur la tenue des promesses qui assureraient l’avenir de Azali et ses acolytes ? Ou l’incertitude sur les chances du candidat "élu des dieux" ? car Caabi et ceux qui le soutiennent se rendent désormais à l’évidence de la difficulté de leur poulain d’émerger de Panga Hari à Mutsamudu pour espérer un jour gagner le suffrage du peuple. Des responsables importants de campagne de Caabi, reconnaissent ouvertement la faiblesse de leur candidat mais assurent que des dispositions ont été prises pour que Caabi "passe quelque soit le score réel aux urnes". Saïd Abbas Dahalani a été obligé de lâcher le candidat Said Ali Youssouf alors qu’un accord scellé à Paris entre les deux hommes présentait l’homme d’affaire, ancien Directeur des télécom et leader du parti Mouroua, comme vice président dans un ticket qu’il formerait avec Said Ali Youssouf. Accord qui a volé en éclats à Moroni où les compagnons des salons de son parti, qui se veut moderne et d’intellectuels, lui reprochent de jouer cavalier seul. D’aucuns voient un appel à l’ordre de ses amis du microcosme français de Moroni pour soutenir Caabi. Finalement Said Ali Youssouf s’est attaché les services de Monsieur Kadi natif de Mitsamiouli et membre du parti Shawiri de Mahmoud Mradabi, non sans avoir négocié en vain avec le Dr Matara Maécha de la même ville.
On voit donc que Said Ali Youssouf tâtonne en Grande Comore, mais sa candidature semble se défendre à Anjouan, ce qui ne fait qu’ajouter une dimension inquiétante chez Caabi et chez Azali mais désormais les deux hommes paniquent pour des raisons différentes.
D’un correspondant à Moroni