A la veille des présidentielles annoncées, je m’interroge plutôt sur les raisons d’autant de compatriotes éclairés, à se laisser tremper dans la complicité de ce que font habituellement les caciques, une fois légitimés par les urnes, à gérer la chose publique comorienne.
Comme il n’en est pas moins sur celles d’apprentis politiques, hier, victimes du système qu’ils ont combattu et dénoncé, et aujourd’hui artisans receleurs du mal être comorien. Et pour cause le rendez vous électoral sera comme à l’accoutumée un leurre pour légitimer le plus à même à servir sans sourciller l’ennemi du pays en échange d’une situation personnelle confortable. Le sort et les attentes des comoriens seront bien évidemment relégués dans les calendes grecques.
Des raisons qui, à mon sens, sont de source culturelle, puisqu’elles semblent dégager un profil commun du dirigeant politique comorien. Un profil bâti sur l’égoïsme et le nombrilisme. Un désintéressement total de l’intérêt général aussi dévastateur et responsable de ce que d’autres ont désigné comme “le mal comorien”.
Il est connu de tous, que la période pré- électorale, est un moment d’agitations où les conciliabules scellent des retrouvailles inimaginables comme les envies et les appétits les moins contenus s’élancent à la surenchère.
A cet égard, il n’est pas rare de voir toujours les mêmes dont le discours rime avec trahison de répondre favorablement à la mission de l’ennemi, pourtant identifié.
Cette attitude, credo du politique comorien, rêve pour certains de vivre des lendemains meilleurs, est très affligeante, intolérable désormais car, elle pérennise plutôt le cauchemar.
D’ailleurs, il est très dommageable que la sociologie politique comorienne soit ainsi. Et qu’à chaque rendez vous électoral, l’on s’attelle à soigner sa petite personne et à défendre sa fourchette aux dépens de l’intérêt collectif. Mais, peut il en être autrement quand des mains invisibles aux moyens assez fournis édictent les règles du jeu ; Celles -là mêmes qui consistent à poursuivre la partition de notre pays en zone de non droits.
Il serait temps que les comoriens prennent enfin conscience de ce faux jeu dans lequel ils sont à la fois le jouet et le joueur.
Ainsi, le probable prochain appel aux urnes, que certains disent incontournable, ne me paraît pas être la panacée à la crise comorienne. Il est le corollaire du consensus mou formalisé dans les accords de FOMBONI. En vertu desquels, la couronne doit revenir à un compatriote anjouanais.
C’est un formalisme, peut-on dire, aux conséquences très redoutables puisque générateur encore une fois de crise sérieuse. Car, comment peut-on imaginer un pacifisme inter îles à l’issue d’une situation dont l’autorité centrale sortante, n’a jamais pu exercer un quelconque pouvoir sur l’île aujourd’hui appelée, par la règle de la tournante à incarner par un des siens, l’autorité de l’union ?
Il n’est pas illusoire de penser que Ngazidja par mesure de rétorsion ne reconnaisse pas à son tour l’autorité de l’union.
C’est la conséquence d’une légèreté de réflexion politique conjuguée à une incapacité de projection dans l’avenir, qui rattrape présentement AZALI et Mohamed BACAR dans leur partition non avouée du pays, scellée par les accords de FOMBONI.
La crise sécessionniste ne fait que commencer. Et nombreux observateurs de la situation comorienne y voient un polder capable d’exploser à tout moment. Les Comores ne seront plus jamais comme avant. Le divorce inter îles longtemps voulu par certains mais qui a toujours rencontré sur son chemin la résistance patriotique, semble désormais effectif.
Car dans le manque de lisibilité à désigner un candidat fédérateur à Anjouan et le brouhaha qui y règne, il n’est pas exclu qu’un remake de l’armée, sous les commandements d’un autre officier s’empare des affaires du pays.
En désespoir de cause, et en ma qualité d’expatrié, je dirais à qui veut bien entendre qu’en cas d’élections présidentielles, gardez votre raison. Faites bon usage de votre voix d’électeur. Elle est la clé de vos soucis. Avec elle vous pourrez rêver du meilleur comme du pire.
Pour qui voter alors, me demandera-t-on. Pour la Vérité et non son contraire.
Me H. MZE MCHINDA alias BEBE
Secrétaire Général de KARIBU-NANTSI