L’ambassadeur de France a rendu visite mercredi 15 février au candidat Sambi dit Ayatullah à son domicile de Mutsamudu.
Après un long entretien d’une heure et demi, les 2 hommes n’ont déclaré aux curieux que ce que les officiels français récitent depuis des années : la France n’a pas de candidat, la France veillera à la transparence des élections, la France n’est intéressée qu’à accompagner le processus de stabilisation du pays.
Cette visite témoigne de l’inquiétude de la France sur les chances de son poulain Caabi El Yachouroutu. Jusqu’ici les stratèges français derrière Caabi assuraient à l’équipe grande-comorienne de Caabi que son élection est certaine. Le moment venu M. Mohamed Bacar ferait le nécessaire. Or même si le président d’Anjouan, qui n’aime pas Caabi joue le jeu de la triche généralisée avec l’appui de ses soldats, la tâche ne sera pas aisée. Le régionalisme est très fort à Anjouan. Les observateurs prédisent un vote pour les enfants des régions : sambi pour la région de Mutsamudu, Ibrahim Halidi pour le Nyumakele, Mohamed Djaffar / Said Ali youssouf pour la région de Sima. Bref le triangle anjouanais serait divisé en 3 triangles.
Naturellement il y a les facteurs d’incertitude. Dans le Nyumakele le candidat du front démocratique, peut grappiller des voix et affaiblir le réservoir de Halidi. Nassuf Ahmed Abdallah et Nourdine Midiladji chassent sur les mêmes terres. Il y a la grande inconnue, l’ancien président Djohar.
Côté Sima, M. Saidali Youssouf avance le soutien de l’autre grande dynastie politique de la région autour de M. Said Ali Mohamed, ancien premier ministre du président Djohar. Mais la concurrence de M. Mohamed Djaffar armateur, peut être rude. Des responsables de la CRC du président Azali, incapables de trouver un candidat après 6 ans au pouvoir se tâtent pour le Docteur Assad, neveu de M. Said Ali Mohamed et M. Mohamed Abdou Madi, ancien premier ministre. Le président lui se tient à son engagement auprès des Français d’aider Caabi.
Dans la région de Mutsamudu, après M. Sambi, on pensait à MM Halidi Charif et Loutfi Adinane. L’incarcération récente de M. Charif été présentée comme le signe d’une entente entre Azali et Mohamed Bacar pour l’affaiblir et dégager la voie pour Caabi. M. Adinane apparaît affaibli mais son maintien détournera des voix de la Médina mutsamudiennes qui auraient pu se porter à Caabi. M. Chamanga préviendra aux voix de la ville de Wani (Ouani) d’aller vers d’autres candidats, notamment Ibrahim halidi qui y a grandi et Saidali Youssouf qui se prévaut d’anciennes amitiés.
Dans ce brouhaha, s’élève un chœur formé de plusieurs candidats : le refrain est « moi seul, moi seul, peux refaire l’Union ». Chacun étale ses états de service et sacrifices pour l’unité du pays. Certains sont plus convaincants que d’autres.
Nassuf Ahmed Abdallah, a un temps été emprisonné par les sécessionnistes. M. Loutfi a vécu comme beaucoup d’autres patriotes sous les menaces. MM. Chaher, Saidali Youssouf étaient « indésirables » à Anjouan. M. Chamanga, que ses amis en France, présentent comme « le seul capable » d’unir le pays a vécu des désagréments moins angoissants : une plainte des sécessionnistes auprès d’un tribunal en France. D’autres après avoir flirté avec les sécessionnistes se sont ressaisis : Ibrahim Halidi, Nourdine Midiladji, Sambi.