Mohamed Chaher ben Massoundi, ancien ministre sous le président Ahmed Abdallah et pendant de nombreuses années pilier du ministère des affaires étrangères comorien, comme secrétaire général, s’est mis sur la liste des prétendants à la présidence de l’Union. Certains dans le parti Udzima, moribond depuis son éclatement aux présidentielles de 1996 qui ont vu l’élection de Taki, pensent trouver dans la campagne qui s’ouvre une occasion de se rappeler au souvenir des Comoriens.
Depuis quelques semaines, M. ben Massoundi (appelé communément par son prénom Chaher) multiplie les contacts avec les élus et cadres des ministères français ayant une proximité avec les affaires comoriennes. Il semble que l’idée de cette candidature soit née auprès d’un petit cercle d’anciens responsables de l’Udzima vivant en France.
L’entourage de M. Chaher Ben Massoundi compte sur le désistement de M. Nourdine Midiladji, député à l’Assemblée de l’Union, originaire lui aussi de la ville de Domoni, qui pourtant a plus d’assises que son parent par alliance. M. Midiladji a été un des responsables du protocole du président Abdallah, défunt beau-frère de M. Chaher. L’entourage a prévenu M. Omar Tamou, espérant que ce candidat aux élections de 1996, retournera la politesse à ceux qui l’ont soutenu contre M.Mtara Maecha, alors candidat dissident de l’Udzima. M. Tamou sera aussi sollicité par M. Nassuf Ahmed Abdallah, autre candidat de Domoni, fils de l’ancien président et neveu de M. Chaher ben Massoundi, qui l’avait soutenu.
Les amis de M. Chaher sont conscients des handicaps de leur candidat. A tort ou à raison, il a la réputation d’un homme dédaigneux, éloigné du peuple. Il a été le prototype des « techniciens en politiques » qui pensaient détenir leur légitimité d’un savoir assez rare dans les années 70-80.
Certains louent son intelligence, et une maturité pendant le dégrisement qui a suivi l’assassinat du président Abdallah. Conseiller de son frère, le président par intérim Tadjidine ben Massoundi, M. Chaher recherchait le dialogue avec l’opposition et voulait sortir le président de l’isolement où le confinait le premier ministre d’alors M. Abasse Djoussouf.
Le soutien de M. Mtara Maecha, qui dispose quand même d’un électorat au nord de la Grande-Comore est sollicité. Mais peu croient, que même en faisant fi des inimités solides nées de la campagne de 1996, il accepte de s’engager auprès d’un candidat dont les chances apparaissent en ce début de campagne, nulles.
Aux Comores M. Said Ahmed Said Ali dit Charif a confirmé son soutien. Il pourrait être le candidat de Ngazidja à la vice-présidence. C’est plus compliqué avec l’autre cacique de l’Udzima M. Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou. Conseiller du président El-Bak, il a été consulté pour faire équipe avec M. Loutfi Adinane, au cas où M. Cheikh Ali Bakar Kassim, le premier choix, se désisterait.
En attendant, l’équipe est mobilisée pour trouver le financement qui permettrait à une suite de 35 personnes d’accompagner le candidat aux Comores.