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:: Sciences et technologies :: |
Les Comores et le chikungunya à la Réunion. Réponse à M. Eric Trannois
(par La Rédaction) : 9 - 02 - 2006 |
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En réaction à un article publié sur notre site, la rédaction d'Holambe Comores
http://www.holambecomores.com/public/article403.html
a reçu un courrier de M. Trannois Eric, du site Malango Net.
A propos de l'épidémie de la fièvre Chikungunya dont on parle tant dans les médias aujourd'hui, Holambe a été le premier à traiter sérieusement la question comme l'atteste un site parisien qui inventorie les articles publiés sur cette maladie.
Dans son éditorial du 8 janvier 2006, Jean-Hugues MAUSY écrit :
“...le Chikungunya sévit à l'Ile de La Réunion, dans l'indifférence quasi-générale de la presse et donc de l'opinion publique métropolitaine. Cette maladie n'est pas, comme l'a décrite un ministre, une "maladie dans l'ensemble bénigne", mais bien une véritable catastrophe sanitaire.”
http://www.chikungunya.net/index.html
Il nous a semblé opportun de réagir aux propos de M. Trannois dans la mesure où dans son courrier, celui-ci se pose en donneur de leçons et insinue notamment que les Comoriens auraient adopté une position de victimes. Cela n'est absolument pas fondé : en effet, dans notre article, nous mettions justement en cause la politique sanitaire des autorités comoriennes et désignions le moustique comme étant le principal ennemi de notre peuple.
(QU'EST-CE QUE LA FIÈVRE CHIKUNGUNYA ?
http://www.holambecomores.com/public/article156.html, voir dans la rubrique "sciences" le chapeau écrit par MSAM pour introduire l'article)
On n'oublie pas non plus qu'en cent ans d'administration directe, la France qui avait tous les moyens et le savoir nécessaires, n'a rien fait pour l'éradication des moustiques aux Comores. Mais cela c'est l'histoire.
Contrairement à ceux qui prétendent "aimer les Comoriens" à chaque déclaration, Holambe Comores ne demande à personne de nous aimer et a essentiellement communiqué sur l'épidémie au moment où celle-ci a sévi aux Comores, dans le but d'informer tous ceux qui souhaitaient l'être afin de mieux comprendre cette nouvelle maladie. Nous avons informé et relaté des faits.
Bien entendu, nous n'avons pas nié que les Comores puissent être un foyer de contamination. Nous avons demandé qu'on le démontre eu égard aux autres possibilités. Le même site ci-dessus (http://www.chikungunya.net/virus/virus.htm) précise pour la répartition géographique : “l'Afrique sub-saharienne, l'Asie du Sud-est, et depuis 2005, l'Océan Indien.”
De même, il est indiqué avec les réserves d'usage que “l'épidémie a commencé en Grande Comores au début 2005, vraisemblablement importée par des voyageurs ou des Aedes d'Afrique de l'est.” Cela ne veut pas dire que le virus n'était pas déjà arrivé dans les autres îles de l'Ouest de l'Océan Indien.
On retiendra quand même que le moustique vecteur du virus aux Comores est Aedes aegypti (moustique essentiellement urbain), alors que celui de la Réunion est Aedes albopictus (moustique urbain et campagnard).
A Holambe nous ne nous contentons pas d'affirmations. On notera d'ailleurs que grâce à nos interventions et les contacts avec les "médias" français et nos questions aux instances françaises et européennes, le discours a changé.
Si M. Trannois se donnait la peine de lire attentivement nos articles, il verrait que dans le cas du Chikungunya comme dans d'autres, Holambe multiplie les contacts avec les meilleurs spécialistes mondiaux pour apporter une information sérieuse à ses lecteurs, aux spécialistes comoriens et à tous ceux qui s'intéressent aux Comores. Nous avons été en contact avec le CDC (Centers for Disease Control and Prevention : Centres américains de contrôle et de prévention des maladies dont le siège se trouve à Atlanta) pour le chikungunya :
http://www.holambecomores.com/public/article136.html
- Il n' y a pas que Holambe qui a souligné la légèreté de certaines déclarations françaises et européennes (celles-ci se basant sur les déclarations françaises). Des "médias" réunionnais s'en font l'écho.
-Clicanoo :
http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=121181
http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=122599
http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=122607
-Journal Témoignages :
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=13305
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=13306
Nous sommes au 21ème siècle et il est de notre devoir et de notre droit de citoyens de demander à des instances publiques scientifiques françaises et européennes, de justifier leurs déclarations.
Nous apprécions que M. Trannois reconnaisse qu'Holambe est un carrefour de débats et de réflexions et y intervienne. Nous souhaiterions que les "amis français" soient plus sérieux dans leurs interventions, qu'elles soient plus documentées et ne soient pas trop souvent hors sujet. Un peu de préparation leur apprendrait à formuler les bonnes interventions.
Enfin, dans son rapport de surveillance du 2 Février 2006 (Volume 11; numéro 2), Eurosurveillance ajoute une autre couche sur les Comores avec des références se rapportant à des évènements de 2001 et 1988 et non liés aux Comores.
http://www.eurosurveillance.org/ew/2006/060202.asp#2
“A large outbreak of chikungunya [3,4] occurred in the Comoros islands, off the east coast of Africa, in early 2005, with more than 5000 cases notified between January and March.”
Comment doit-on comprendre cette façon de communiquer?
Comme vous pouvez le voir, il est fait références aux articles 3 et 4 en ce qui concerne les sources des informations sur les Comores : toujours l'ambiguïté car il s'agissait de l'Asie du Sud Est et du Pacifique ouest!
Une référence avec l'Afrique de l'Est eut été appropriée comme nous l'avons publié le 5 mars 2005 avec les premiers résultats des études préliminaires de caractérisation des échantillons envoyés à Nairobi et indiquant clairement que ce n'était pas le virus de la dengue, mais celui du chikungunya.
http://www.holambecomores.com/public/article118.html
Nous soulignions déjà : “Il y a donc urgence de mener à bien le plus rapidement possible cette étude à cause du risque d'extension géographique du virus.”
Références :
3 Mackenzie JS, Chua KB, Daniels PW, Eaton BT, Field HE, Hall RA et al. Emerging viral diseases of Southeast Asia and the Western Pacific. Emerg Infect Dis 2001; 7(3 Suppl):497-504.
4 Jupp PG, McIntosh BM, 1988. Chikungunya virus disease. Monath TP, ed. The Arboviruses: Epidemiology and Ecology.Volume II. Boca Raton, FL:CRC Press, 137-157) reference clinique.
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Courrier reçu de : Trannois Eric
Email : malango@malango.net
Objet : Chikungunya à la Réunion : quand les préjugés piétinent la science ou comment rendre les Comores responsable des déficiences françaises.
Message : Bonjour,
Je suis un peu surpris de votre remise en cause du parcours de propagation du virus du chikunguya. Il est en effet établi que le virus s'est manifesté, pour cette épidémie, aux Comores en début de l'année 2005. Il est également établi que les premiers cas ont été relevés à la Réunon dès le 28 mars 2005. Quelques cas avaient également été relevé à Mayotte à cette période. Pourquoi vouloir créer la polémique sur ce qui m'apparait comme un très mauvais terrain. A aucun moment je n'ai trouvé dans la presse une quelconque atteinte contre les Comores. Y compris à la Réunion... Elle s'est simplement fait écho de ce fait : l'épidémie est partie des Comores et s'est propagée dans la région. En quoi cela est-il une quelconque incrimination des Comores? En revanche, si vous voulez polémiquer, interrogez-vous sur le manque de réaction des autorités sanitaires aussi bien internationales que françaises dès l'apparition de la maladie aux Comores indépendantes... Vous savez comme moi qu'une très grosse partie de la population comorienne a été touchée par cette maladie et que cela n'a semblé émouvoir personne! Alors que la France est encore bien présente dans l'archipel... ça, c'est un sujet d'interrogation! De même, et pour sortir de l'archipel, qu'on s'interroge sur le manque de réaction des services sanitaires et plus largement, des autorités qui ont attendu le mois de janvier avant d'avoir une attitude "appropriée" à l'ampleur de l'épidémie... Ce manque de réactivité pourrait avoir deux explications : la Réunion est bien loin de la métropole et la médiatisation de cette épidémie nuit à l'industrie touristique de la Réunion.
Pour en revenir au début de l'épidémie, il y a un an, le public en a été informé, ici, dans l'archipel, mais aucune mesure n'a été prise, pourtant, vous savez comme moi que les relations entre les îles sont nombreuses et le risque de voir l'épidémie infecter les quatre îles était grand... Comment Mayotte a échappé, jusqu'à maintenant à l'épidémie reste un mystère... La nature en recèle encore de nombreux... Il faut savoir également qu'à Mayotte, tous les malades ne se sont peut-être pas tous manifestés, attendant en silence que "ça se passe" : l'instauration de la sécurité sociale en avril dernier a privé de fait tous les "clandestins" de soins : pourquoi aller payer pour se faire examiner par un médecin alors qu'il n'y a aucun traitement... D'autre part, j'ai moi-même croisé un enfant dont la maladie n'a pas été détectée par les médecins il y a plusieurs mois : on a su qu'il s'agissait du chikungugnya quand la mère de cet enfant a été atteinte. Est-ce un cas isolé? On peut en douter! La mère elle-même a été détectée au terme de plusieurs visites : les médecins qu'lle a vu au cours de ces première visites semblaient tout ignorer de cette maladie qui sévissait dans la région depuis plusieurs mois! On croit rêver...
Pour finir, je trouve un peu dommage que tant de "médias" comoriens tournent en rond en amenant tout et n'importe quoi sur le terrain de "on ne nous aime pas", "tout le monde nous en veut"... Pas très productif tout ça! Il serait temps qu'ils mûrissent et apprennent à se poser les bonnes questions, qui ne manquent pas!!!
Amicalement.
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