La gestion du Dr Tadjiri a appauvri en un temps record, un an et demi (2004-2005), la Pharmacie Nationale des Comores (PNAC). Jusque là, elle était réputée nationalement et à l’étranger pour sa bonne gestion et un approvisionnement régulier des populations en médicaments de base,
Le Dr Tadjiri, a été nommé à la direction de la PNAC à la demande du Député Kamal Said Ibrahim, président du parti Shuma après que ce dernier, élu grâce aux voix des amis du président Azali, soit devenu leur allié.
La gestion antérieure était louée pour la transparence de ses appels d’offre et de bonnes relations avec les partenaires. Une commission d’achats s’assurait un accès aux meilleures offres du marché avec un bon rapport qualité/prix , à la satisfaction des bailleurs de fonds et des clients.
Le Dr Tadjiri abandonna, aussitôt en place, les projets d’agrandissement des locaux et la création de nouvelles implantations décentralisées, mettant fin au développement engagé.
Comme exemples de sa « gestion » on peut citer :
· Le recrutement de 19 agents sans aucune qualification, ni attributions. Ils sont pour la plupart des membres de sa famille ou recommandés par le parti Shuma.
· Achats non justifiés de climatiseurs et d’ordinateurs. Plus grave : 30 millions de KMF ont servi à payer des médicaments dont la durée de validité n’excédait pas 4 mois. Ces médicaments vont être brûlés ces jours-ci dans la zone de Habohowo, entre les régions d’Itsandraa et de Washili.
· la PNAC est débitrice de 136 467 678 KMF (277 373,33 Euros) à ses fournisseurs étrangers et de 17 276 195 KMF aux nationaux.
· Un chèque de l’Ambassade de France pour l’achat de médicaments au profit de l’hôpital El Maarouf a été encaissé par la Direction de la PNAC ; les médicaments n’ont jamais été livrés au bénéficiaire.
· Le système de distribution est complètement désorganisé. La PNAC est incapable de contrôler les mouvements (entrée/sortie) dans ses points de vente (cession PNAC) pas plus que les médicaments livrés à crédit aux sociétés (MaMwe, SCH..) et aux mutuelles de santé. Les Directions Générale et Technique accusent les agents de vol pour couvrir leur incapacité à gérer la Société.
La PNAC se trouve en cessation de paiement.
Au rythme des recettes sur les ventes de médicaments, la PNAC n’a pas pu honorer ses dettes à la fin de l’année 2005. Les fournisseurs étrangers exigent le paiement des factures en instance avant toute autre opération.
Dans la note 05/ - DT/PNAC du 28 décembre 2005 destinée au Conseil d’Administration du même jour, le directeur technique écrit : "plusieurs commandes sont restées bloquées" et encore "..comme nous n’avons pas payé les 40% afin d’engager les commandes, le risque de rupture de stock est très sérieux". Signe des temps, c’est un ministre qui a remis la note à notre correspondant.
Du coup, pour l’année 2006, la PNAC n’attend aucun produit car aucune commande n’a été lancée. Ces derniers mois, la PNAC commence à accuser des ruptures de stock de produits essentiels indispensables (Paracétamol, antibiotiques...).
Le Directeur Technique ne se gêne plus sur les places publiques pour annoncer une fermeture très prochaine de la PNAC, laissant toute la responsabilité au Directeur Génaral. C’est déjà le sauve qui peut et chacun tire son parapluie.
Un correspondant à Moroni