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Archives Holambe ComoresArchives :: Vacances aux Comores 2005
Article archives De Marseille à Moroni (Comores) - Acte I   
 (par Ben Amir SAADI) : 24 - 01 - 2005
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En cette même période juilletiste et pour la quatrième fois d’affilée, j’effectue ce trajet devenu presque obligatoire de Marseille à Moroni. Nous survolons les eaux comoriennes. Assis à côté de mon jeune frère qui effectue sa première traversée depuis quinze ans, une musique douce dans les oreilles, j’essaie d’observer par-dessus son épaule, ce paysage que je ne me lasserais jamais de revoir. Nous sommes à quelques minutes de l’atterrissage sur l’aéroport international Prince Said Ibrahime de Hahaya. Aussitôt l’approche annoncée par le commandant de bord, un défilé improvisé s’organise pour aller se refaire une santé dans les toilettes transformées pour l’occasion en salon de beauté. Les femmes remettent une petite couche de maquillage, exhibent l’or durement obtenu, pendant qu’on peut lire sur les visages des futurs grands mariés la concentration digne des plus grands comédiens ou athlètes s’apprêtant à rentrer en scène. Pendant que les enfants s’excitent à l’idée de retrouver l’autre pays, la terre qui a vu naître maman et papa, les hôtesses s’affairent pour maintenir l’ordre dans l’avion tout en donnant les dernières instructions de sécurité. Je remonte mon dossier, attache ma ceinture et commence une prière. Jusque là, ce voyage à bord de la compagnie Air Austral, la troisième que j’emprunte en quatre ans, après Khalifa en 2002, Yemenia en 2003 et 2004, me donne entière satisfaction. Outre la parfaite organisation de l’enregistrement à l’embarquement à l’aéroport de Marseille Provence, la compagnie offre un confort jusque là inégalé par ses prédécesseurs et un trajet direct de 8h30 depuis Marseille au lieu des 13 heures avec escales, dans les meilleurs des cas, de ses concurrents. Le confort intérieur est d’emblée visible avec de larges espaces entre les rangées, de l’animation tout au long du voyage avec des films diffusés sur grand écran, des reportages sur les pays de l’Océan Indien, des stations radios, la possibilité d’appeler depuis l’avion (même si c’est très onéreux) et en prime quelques souvenirs offerts aux passagers avec, pour le retour, une réplique exacte offerte aux enfants du Boeing 777-200 aux couleurs de la compagnie. Bref, une traversée Marseille-Moroni aussi rapide et plus confortable qu’un trajet Marseille Paris en voiture. Niveau tarifs, le prix varie en fonction de la date et de la saison. En haute saison, il varie entre 950 € à 1700 € en classe économique. Mieux vaut donc s’y prendre assez tôt. Chose que les Comoriens savent bien faire. Parmi les grands chantiers qui s’offrent aux Comores, le choix d’une compagnie fiable, efficace et pérenne est l’un des éternels enjeux qui viseraient à désenclaver le pays, rassurer les milliers de Comoriens de la diaspora, séduire et attirer les touristes régionaux et internationaux, encourager les investisseurs et autres institutions à découvrir un archipel atypique, original et loin des clichés touristiques de masse.

(JPEG)
Aéroport Hahaya

Depuis l’arrêt d’Air France, plusieurs compagnies privées françaises et nationales arabes se sont essayées mais aucune n’a pu donner les garanties et les conditions nécessaires pour satisfaire les passagers. Seule, à ma connaissance, la compagnie Emirates, qui, pendant quelques années assurait la liaison franco-comorienne, avait les garanties et les moyens nécessaires pour déclencher cet effet boule de neige qui aurait pu développer durablement les destinations vers les Comores avec des liaisons internationales et surtout régionales sur le continent Sud Africain. Mais quand les conditions semblent être réunies d’un côté, de l’autre, la diplomatie comorienne et ses enjeux politiques nombrilistes n’arrive pas à retenir l’une, si ce n’est la plus grande compagnie mondiale d’aujourd’hui. Air Kamaria, Sudan Air, Khalifa Airways, Comores Airlines, Masiwa Air, Air Bourbon et j’en oublie sûrement, ont toutes effectué un petit tour et puis s’en sont allées ou disparues des aires avec des épisodes douloureuses pour des milliers de passagers laissés pour compte. Seul Yemenia a su pérenniser la liaison vers les Comores depuis quelques années toute la saison durant. Je prie qu’avec l’arrivée d’Air Austral, une compagnie française spécialiste de l’Océan Indien et l’expérience de Yeménia, la concurrence va enfin être saine pour satisfaire les Comoriens et les Comores.

Dernier virage à droite.

D’en haut j’aperçois parfaitement cet habillage pourpre et végétal de cette île volcanique surplombée à 2500 m d’altitude par l’imposant volcan du Karthala, toujours en activité. Sur l’écran géant et les postes des télévisions suspendus au-dessus des rangées, nous assistons à l’atterrissage vidéo en direct. La vitesse au sol est impressionnante. Les prières s’intensifient et les pulsations cardiaques s’emballent avant que les acclamations des passagers ne viennent saluer la prise de parole du Commandant de bord souhaitant la bienvenue aux Comores. Les visages se décrispent, les battements de cœurs se stabilisent, l’adrénaline redescend petit à petit pendant que l’avion effectue les derniers mouvements de stationnement. Quelques minutes plus tard, les portes s’ouvrent. Je suis à quelques pas de mes premières bouffées d’oxygène comoriennes. Mon frère est à la fois sceptique et impatient de retrouver le pays de son premier souffle avant de s’envoler faire ses premiers pas dans la cité phocéenne. On se regarde et on échange un léger sourire suivi d’un soupir de soulagement. Ça y est nous y sommes. Premières bouffées d’airs et premiers émois avec cette échelle et ses quelques marches qui nous séparent de la terre promise. Le temps est comme annoncé, radieux sous un ciel bleu et une fraîcheur de saison. Dans l’archipel, il règne un climat tropical caractérisé par deux grandes saisons. Une chaude et humide, entre novembre et avril, marquée par des fortes pluies et parfois par de violents cyclones. Le reste de l’année, l’archipel connaît une saison sèche et fraîche caractérisée par des vents de mousson nord à nord-Ouest nommés Kusi avec des températures variant entre 24 et 27°C. La descente par l’échelle a toujours été un moment fort d’émotions. Mon premier regard, du haut de ses marches, se pose toujours vers les centaines de compatriotes amassés sur le balcon de la cafétéria, perchés sur le toit de l’aéroport, venus observer l’atterrissage du géant des airs et confirmer à tous ceux restés sur le parking que « l’attendu est arrivé ».

Le projet d’extension de l’aéroport semble enfin décoller. J’aperçois sur la piste, un début de chantier. S’il arrive à son terme ce serait un pas très important pour l’ouverture du pays qui souffre d’une image négative auprès des compagnies qui voudraient oser l’aventure comorienne. A l’intérieur, l’aéroport commence une timide informatisation et devrait se doter, dans le cadre de son agrandissement, de nouvelles infrastructures pour accueillir dans de meilleures conditions des passagers de plus en plus nombreux et de plus en plus exigeants. Cela passera forcément par la rénovation des machines, tapis roulants, l’informatisation totale de l’aéroport, la création de pôles économiques et une meilleure organisation et formation du personnel d’accueil. Bref, la création d’un lieu de vie, de rencontre et de consommation où le passager serait roi pendant le temps de son attente. L’aéroport, qu’on se le dise, est la première et dernière image que garde le voyagiste dans sa mémoire. Autant faire se peut, qu’elle soit la plus belle.

Après une courte attente dans le hall d’entrée, mon frère et moi passons le premier contrôle douanier avant d’aller galérer pour récupérer nos valises, passer le deuxième contrôle où nos bagages seront fouillés avant de retrouver la famille venue nombreuse pour nous accueillir.

(JPEG)
Air Austral

 

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