Les candidats à la candidature sont déjà en piste. Certains se laissent désirer ; d’autres sans le sou et sans soutien, mais pensant capitaliser une notoriété éphémère pour un futur ministère, laissent croire... Ils pourront monnayer un soutien à un candidat plus sérieux ou plus téméraire.
Il y a par ordre alphabétique :
Ahmed Abdallah Sambi, surnommé Ayatullahi, (Ayatollah)C’est un prédicateur de talent populaire dans les 3 îles. Formé en Iran, et mal vu par les religieux traditionalistes, il sait rendre le discours religieux vivant à son auditoire en parlant une langue accessible à la population, toutes îles confondues. Au début, il a semblé flirter avec les séparatistes. Il s’est reconverti avec succès dans les affaires : fabrication de matelas, huiles essentielles et parfumerie. Il a été lancé par des Indiens mauriciens que d’aucuns qualifient de zélateurs et financiers chiites, sans preuve. Une partie au moins des islamistes de la Grande Comore, bien implantés, le soutiendraient. Ses potentiels adversaires avouent qu’il pourrait figurer parmi les 3 premiers candidats qui sortiraient de l’élection éliminatoire réservée à l’île.
Caambi El yachouroutu, le vice-président anjouanais d’Azali. Il est présenté comme le candidat d’Azali, et ne se prive pas de le faire savoir en ajoutant : "à mon corps défendant". Non, non, Cambi ne veut jamais rien, il se contente toujours de faire ce que lui dit plus fort que lui, et la France en particulier. Les Azalistes, sont quand même, inquiets car cette fois Caambi, fait plus que discrètement campagne de Moroni, et semble y croire. Ils craignent qu’en prenant de l’élan, le vice-président ne combatte le renouvellement du mandat de leur champion si le Colonel veut rempiler. Caambi est aussi populaire dans les villages anjouanais que Raffarin en Mongolie extérieure, mais il pensait qu’avec le soutien des Azalistes à la Grande Comore, et divers encouragements des Français, il a ses chances. Maintenant que le colonel veut rempiler ( parole de militaire !), M. Caambi a engagé des pourparlers avec M. Larifou, président du parti Ridja qui serait le candidat vice-président.
Ibrahim Halidi, l’ancien Premier ministre sous Djohar, ministre sous
Ali Soilihi, est déjà en campagne à la Grande-Comore, avec son éminence grise Said Hilali, ex- directeur de cabinet de feu le président Mohamed Taki Abdoulkarim, ancien conseiller spécial du président Djohar, ancien conseiller occulte du président Abdallah. M. Halidi est un homme politique classique aux ambitions affichées depuis sa prime jeunesse. Il fut l’homme fort incontesté du Nyumakele, région surpeuplée et la plus pauvre d’Anjouan. Depuis d’autres figures se sont affirmées dans la région, mais il garde une notoriété évidente. Il est connu dans tout Anjouan. A la Grande Comore, il essaiera de raviver une nostalgie soilihiste, et peut-être se rapprocher de M. Youssouf Said, vice-président de l’assemblée de l’Union, avec qui il a été en froid. Leurs ambitions n’étaient pas conciliables et les anciens soilihistes sont très divisés dans toutes les îles.
Il s’est gardé des tentations séparatistes. Pour lui c’était un piège des gens des « grandes villes » qui voulaient reconquérir le terrain gagné par les "wamatsaha" Ce qui pouvait se comprendre avec les premiers dirigeants de la sécession, tous issus de Mutsamudu, le fut moins après l’ascension de Mohamed Bacar originaire de Barakani, un petit village près de Wani. Quoique soucieux de ne jamais déplaire à la France, il laisse Said Hilali gérer les relations avec Paris.
Mohamed Bacar : le président de l’île d’Anjouan, joue une stratégie de gros matou. Plus qu’Azali il cache ses intentions. Au pouvoir, il a accumulé des moyens et s’est assuré la fidélité des forces armées de l’île. On le dit impopulaire, mais plus qu’ailleurs dans l’archipel, l’argent fait les élections à Anjouan. Ses choix sont difficiles : laisser la présidence anjouanaise où il est indépendant pour une présidence de l’Union ? Et même s’il était élu, l’armée nationale, ne lui serait pas aussi loyale, et pourrait-il contrôler son successeur à Anjouan ? Il y aurait à affronter l’électorat grand-comorien (Anjouanais d’origine compris) qui voient en lui le séparatiste arrogant dont la radio traitait les Grands-comoriens de chiens. Certains le suspectent de pencher pour la reconduction d’Azali. Ils continueraient tant bien que mal, leur paix armée et le partage du gâteau.
Mohamed Djaffar : ancien militaire français à la retraite, il est armateur. Ses bateaux relient les îles. Il ferait le plein dans sa région de Sima à Anjouan. Son nom est connu comme homme d’affaires mais il est encore peu populaire. Ses alliances ne sont pas encore connues. Il a des soutiens à Mayotte.
Nourdine Midiladji : l’ancien attaché au protocole d’Ahmed Abdallah, chef du protocole de Said Mohamed Djohar a acquis une stature d’homme politique de premier plan à Anjouan. Député à l’assemblée de l’Union après avoir été ministre du colonel Azali, et auparavant directeur de la société des Hydrocarbures, il a prouvé sa force à Domoni en battant M. Nassuf Ahmed Abdalla (voir plus bas) même s’il était alors candidat et préfet chargé de superviser les listes électorales. Formé au Koweit, M. Midiladji n’a cure de ceux qui l’accusent un peu méchamment de ne pas lire le français. Il a le contact facile, sait faire rire les foules, et, n’oublie jamais de donner le « mwashintru » à ses visiteurs pour payer le trajet de retour au village et une journée de pitance. Il s’est réconcilié avec M. Sourette, président de la Cour Constitutionnelle et est très lié avec le ministre des finances actuel M. Abdoulbastoi. Les restes de la vieille garde du président Abdallah se partageraient entre lui et Nassuf A. Abdallah.
Nassuf Ahmed Abdallah : ancien vice-président de l’assemblée sous le mandat de son père, député à l’assemblée fédérale sous Djohar, Ambassadeur en Afrique du Sud sous Taki et Azali, le fils aîné du défunt président Abdallah n’est fidèle à son ambition de diriger Anjouan et les Comores. Celui dont l’insolence et la brutalité faisaient dire qu’il était le plus grand repoussoir du régime Abdallah, paraît bien assagi aujourd’hui. Il est difficile d’évaluer son assise à Anjouan, mais dans la circonscription de Domoni contre M. Midiladji, le score avait été très serré. Il se prévaut de l’appui de sa famille et des amis qu’il garde partout dans l’île pour se placer parmi les 3 premiers dans l’élection éliminatoire de l’île. Il est conscient de ses handicaps. Le premier est la rupture avec son frère cadet Salim Ahmed Abdallah. Ce dernier qui gérait les affaires familiales, est accusé par le clan d’avoir détourné la fortune de leur père à son seul profit. M. Nassuf et d’autres se fondent sur les fréquentes visites de son frère à l’entourage d’Azali, à travers M. Ali Nassor, conseiller spécial et ancien directeur de cabinet de leur père, pour s’interroger sur la réalité des intentions prêtées à M. Salim Abdallah de présenter une candidature de diversion.
Ses espoirs sur la mobilisation de l’Udzima à la Grande Comore sont hypothétiques. Il ne peut pas compter sur les fidèles de M. Mtara Maécha, qu’il n’avait pas soutenu aux présidentielles de 1996. Ses contacts en France avec M. Omar Tamou qu’il avait soutenus ne sont pas probants.
Comme Ibrahim Halidi, il a combattu les séparatistes dès le début. Ces derniers ont pillé les biens de sa famille ; il a été emprisonné un temps par Ahmed Bacar.
Ceux qui se laissent désirer et ceux qui voudraient mais :
Nourdine Bourhane : le jeune ancien Premier ministre de Mohamed Taki, a connu une carrière fulgurante. Revenant de ses études en France, il sortait à peine de l’avion qu’il entamait une carrière ministérielle sous le président Djohar. Ensuite vint la consécration avec le président Taki, « un ami de son père » à la recherche d’un jeune Premier ministre anjouanais sensé contrebalancer les séparatistes. M. Bourhane, est bien issu du clan Bacar de Bambao, qui fournit les hommes politiques de la région depuis les années 50, mais il n’a jamais trempé ses chaussures dans la boue des villages. Ancien partisan de Ibrahim Halidi, il a un temps fait de la figuration au RDR.
Ali Haribou : Peut être que M. Haribou ira faire son petit tour habituel dans les îles, pour voir s’il peut rassembler suffisamment de partisans qui convaincraient les Comoriens, que son « expérience internationale » ( la mémé FAO) sauveraient le pays. Said Hilali l’a emmené 2 fois sous Djohar. La semaine dernière à Paris, son fidèle M. Bourhane rachid, dans une réunion où la plupart des invités absents ne se sont même pas excusés, a informé aux 4 présents, que quoi qu’il en soit Ali Haribou est le meilleur, et le pays attend sa candidature. Il reste à persuader l’électorat anjouanais.
Antoy Abdou : opposant farouche des séparatistes, M. A. Abdou, candidat malheureux contre Mohamed Bacar ne se prononce pas encore. Sa situation financière est un sérieux handicap.
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