De nouveaux courants de l’Islam émergent dans le monde et les Comores ne sont guère épargnées. Les différences entre eux se voient au travers des femmes. Je vais vous parler de l’un de ces courants visible aux Comores.
Dans cette nouvelle vague, on promet aux femmes le paradis éternel à certaines conditions :
De vouer leur vie à leur mari et leurs enfants
De renier leurs enfants s’ils sont nés hors cadre du mariage
D’oublier leurs parents (ni assistance en cas de maladie, de deuil, etc..)
De porter des vêtements qui cachent leur corps y compris le visage, les yeux, les mains.
La sœur d’une amie a intégré cette mouvance. Elle travaille dans les champs dans la journée avec les vêtements réglementaires qu’elle doit porter (signe de respect de sa religion). Ce n’est guère pratique pour travailler mais elle accepte au nom du paradis éternel.
Un jour, au retour des champs, portant sur sa tête une quarantaine de kilo de récolte, elle se prend les pieds dans ses vêtements et tombe. Et elle ne peut se relever toute seule et encore moins rentrer au village. Cela s’est passé à plus de 2 km du village. Les femmes présentes ne pouvaient pas la transporter et elle a interdit aux hommes présents de l’approcher. Donc cette malheureuse est restée allongée au sol toute la journée en attendant que son mari puisse se libérer et vienne la chercher.
Mon amie a discuté avec sa sœur et les femmes de cette mouvance. Elle voulait comprendre comment sa sœur et d’autres femmes qu’elle connaissait ont pu changer à ce point. Qu’est ce qui les a motivées ? Leur parcours ?
Dans un premier temps, elles se sont toutes extasiées sur leur foi, elles affichaient une fierté d’être ce qu’elles sont (l’expression de la femme pieuse qui dédie sa vie à Dieu), la conviction d’être dans le vrai. Leur parcours est identique, elles se sont mariées et ce sont leurs maris qui les ont poussées dans cette voie.
Ainsi, du jour au lendemain la sœur de mon amie est passée de la jeune fille délurée à la femme voilée soumise à son mari et reniant tout ce qui avait constitué son éducation.
Pour elle la famille se résume désormais à son mari et à ses enfants. Des enfants auxquels elle donne une éducation spécifique surtout aux filles qui sont voilées elles aussi à partir de 4 ans (dès qu’elles peuvent marcher et parler).
Mais qu’en est-il de leur compréhension de la religion, de leurs désirs de femme ? Leurs réponses exprimaient leur ignorance et leurs doutes vis à vis de la religion. Elles s’appliquent à adopter une attitude, un mode de vie sans avoir tout compris de la signification et de la logique. À la question, « pourquoi une femme mariée devait-elle rompre avec sa mère alors qu’on nous a toujours dit au chiyoni (école coranique) que le paradis se trouvait sous les pieds de la mère ? » Les réponses étaient confuses, incertaines et on sentait poindre des doutes !
« Pourquoi se maquillaient-elles pour sortir » ? Elles ont répondu qu’elles étaient voilées des pieds à la tête, mais ne restaient pas moins des femmes. Elles ont besoin de se sentir belles et désirables. C’est pour cela qu’elles mettent un point d’honneur à soigner leur apparence. Celles qui peuvent, s’offrent des accessoires pour égayer leurs tenues ou s’habillent avec des couleurs chatoyantes au lieu du noir de rigueur. Elles se maquillent, surtout les yeux, seule partie de leur corps qu’on peut voir, mais le rouge à lèvre est à bannir, trop vulgaire.
Trouvent-elles normal que la pratique de la religion puisse mettre leur vie en danger ? Elles disent que c’est le destin et que ce qui doit arriver arrivera. Elles admettent toutefois que leur tenue n’est pas pratique pour la vie au village et les travaux dans les champs.
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