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L’affaire Bacar et la situation à Mayotte   
 (par Equipe Holambe) : 18 - 04 - 2008
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Mohamed Bacar est actuellement écroué sur l`île de la Réunion. Le gouvernement de l’Union des Comores ne cesse de réclamer à la France son extradition, afin qu’il soit jugé de ses crimes par la justice comorienne. Dans la mesure où aucun accord d`extradition n’existe entre les deux pays, le ministre de la justice de l’Union des Comores a adressé aux autorités françaises une demande d’extradition par la voie diplomatique. Dans la foulée, les autorités comoriennes ont décidé de ne plus autoriser les retours des personnes expulsées de Mayotte par les autorités françaises, une manière de montrer sa réprobation pour le rôle joué par Mayotte dans le soutien à Mohamed Bacar, notamment avec la Marie Galante qui n’a jamais respecté les règles de l’embargo. Cette décision, ajoutée à la précédente manifestation violente anti Mohamed Bacar à Mayotte a ravivé la tension locale.

Des manifestations pacifiques sur l`île ont été organisées contre "les Comoriens des autres îles présents à Mayotte- mais surtout les Anjouanais ". Ainsi, le 6 avril 2008, une grande marche a été organisée à Mamoudzou, capitale de Mayotte, avec des pancartes affichant " Vols, insécurité... Prison pleine. Partez, partez’...

Mais bien avant tous ces événements, un homme n’a eu de cesse que de tirer l’alarme sur l’attitude des autorités locales. Dans une lettre ouverte du mois de mars, Jean-Philippe Decroux, proviseur du lycée de Kahami à Mayotte, responsable local du syndicat des proviseurs SNPDEN, dénonce les méthodes de reconduites à la frontière . Voici un extrait : " Le souci de « faire du chiffre » ne permet évidemment pas de porter une réelle attention aux situations. C’est ainsi que des enfants de parents expulsés se retrouvent, de plus en plus nombreux, totalement livrés à eux-mêmes,.. parfois à n’importe qui. Il n’est pas rare de voir des enfants mendier ou se nourrir sur les décharges publiques. Des bandes se forment et on a affaire là à de vraies bombes à retardement. A l’inverse, lors de la visite de la CIMADE (seule association agréée par l’Etat pour visiter les centres de rétention), sa responsable s’est déclarée choquée « ... du nombre de mineurs expulsés seuls chaque année - ce qui est strictement interdit par la loi - et confiés à des personnes plus ou moins proches... ». Pour 2006, c’est le chiffre de 3093 qui est avancé ! Elle ajoute que « ...le centre de rétention de Mayotte est le pire de France... » La surpopulation peut y atteindre 200 personnes pour 60 places. Les gens sont massés dans deux petites pièces de 50m2, sans les matelas ni les draps réglementaires, avec seulement 5 gamelles pour la nourriture."

Vous pouvez lire la suite de cette lettre "Mayotte : Où est donc la république ?"
sur http://www.holambecomores.com/public/article1296.html

 

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