Suite à l’arrivée de M.Bacar sur l’île de Mayotte depuis hier soir, des réactions violentes ne cessent de s’exprimer ; les ressortissants d’Anjouan affirment que cette politique de deux poids deux mesures doit cesser et que la France doit respecter le mandat d’arrêt international lancé par les autorités comoriennes à l’encontre du colonel Bacar.
Tout a commencé tôt ce matin, aux environs de minuit, lorsque la communauté anjouanaise basée à Mzouazia, dans le sud de l’île, a appris que le colonel Bacar est entré dans l’île avec 13 de ses hommes, à bord de kwassa-kwassa, et a été accueilli par son frère à son domicile. Il aurait été, aux dires des témoins, escorté par des éléments de la gendarmerie française basée dans la même localité.
Aussitôt, les anjouanais ont essayé de le déloger, mais se sont heurtés aux forces de la gendarmerie qui avait déjà quadrillé la maison. Et résolus à en découdre avec cette situation, des groupes de ressortissants d’Anjouan ont barré l’axe routier qui mène du sud vers la capitale, fouillant tout véhicule qui passait, afin de ne pas laisser s’échapper M. Bacar.
Mais depuis ce matin les choses se sont compliquées, lorsque RFO annonce que le colonel M. Bacar serait en train d’être évacué vers la Réunion : une ruée de gens énervés et déterminés descend vers les deux garges, renversant tout au passage, pour empêcher que Bacar n’atteigne l’aéroport. Mais en même temps on apprend qu’il serait acheminé par voie maritime depuis Oungouja (une plage située dans le sud de Mayotte) jusqu’à la base militaire de la petite terre ; et la conséquence immédiate de cette décision a été de voir des manifestants agresser dans le rond point de Mamoudzou toute personne à peau blanche qui essayait de forcer les barrages dressés spontanément par la foule, nombreuse et de plus en plus violente, depuis Kawéni jusqu’au Baobab.
Les commentaires des journalistes reporters sur terrain relèvent l’absence d’éléments des services d’ordre ; tous les magasins ont baissé les rideaux ; deux motocycles appartenant à des Mzoungou ont été brûlés, pendant que des éléments incontrôlés ne cessent de casser les pare-brise des voitures de Mzungu (metropolitains) ;
Il a fallu attendre jusqu’à 10 heures pour que la Préfecture donne sa position, disant qu’elle attendait des ordres de Paris pour envisager toute solution afin de calmer la situation.
En ce moment tous les services d’ordre sont en train de patrouiller afin de disperser les manifestants ; en revanche on ne sait pas encore si la Préfecture maintient sa position de vouloir évacuer M. Bacar vers La Réunion, sachant que même l’aéroport est envahi par les manifestants qui veulent l’en empêcher.
A suivre ......
Liste des personnes accompagnant M. Bacar
D’un correspondant à Mayotte