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Réchauffement Climatique et ses effets sur l’hydrologie à Ngazidja   
 (par Abdoul Oubeidillah) : 23 - 03 - 2008
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Contrairement aux autres îles, Ndzouani (Anjouan), Mohéli et Mayotte, l’île de Ngazidja (Grande-Comore) s’approvisionne en eau de pluie et des nappes souterraines. Plus de la moitié de la population de Ngazidja utilise l’eau de pluie recueillie dans des citernes et un peu plus de 21% de la population utilise l’eau provenant des puits creusés tout autour de l’île dans les zones côtières.

Au cours des années 80, le PNUD avait creusé 44 puits mais seuls 24 sont exploitables. En effet l’eau présente dans ces puits a une salinité* de moins de 3g/l, une concentration qui est plus ou moins acceptable pour la consommation (Notez que la concentration recommandée pour la consommation est entre 0.5 et 1.5 g/l).

Selon une étude faite en 2002, l’approvisionnement en eau était de 11.000 m³/jour alors que la demande était de 39.500 m³/jour. Avec un taux de croissance de la population estimé à 2%, si la quantité disponible ne change pas, la consommation moyenne sera de 19 litres par jour par individu en 2025, moins des 35 litres par jour par personne en 2002 et loin du seuil des 50 litres par jour par personne recommandés.

Le réchauffement climatique a des conséquences importantes sur les ressources hydriques de Ngazidja. Depuis quelques années on a pu observer que la fréquence et l’intensité des précipitations diminuent de plus en plus et que les périodes de sécheresses s’allongent de plus en plus. Les citernes s’assèchent et la population doit acheter l’eau à un prix inabordable pour tous (8m³ d’eau pour environ 90 Euros, une bouteille d’un litre d’eau pour plus d’1 Euro).

La montée des températures amplifie l’évaporation et l’agriculture en souffrira encore plus. La population doit importer davantage les denrées vivrières. Le sol très perméable de Ngazidja favorise l’infiltration des eaux pluviales pour recharger les nappes souterraines. En l’absence de pluie, le niveau d’eau des puits continuera à s’abaisser. Le réchauffement climatique entrainera aussi la montée du niveau de la mer.

Ce phénomène causera l’intrusion des eaux de mer dans les nappes phréatiques, ce qui augmentera la salinité des eaux souterraines qui a déjà dépassé les limites maximales recommandées pour l’eau potable. Il faut se demander combien de temps les puits utilisés actuellement seront encore exploitables, vu leur proximité de la mer. A cette déplétion des ressources va s’ajouter la croissance de la population pour élargir encore plus le fossé entre l’offre et la demande en eau. Les problèmes hydriques auront des effets négatifs et seront un handicap majeur au développement du pays.

Il est impératif que des solutions soient proposées et entreprises assez rapidement. D’abord, nous devons mieux gérer le peu que nous avons. Selon un de ses techniciens, la MAMWE perd près de 60% de l’eau pompée à cause de la vétusté de son réseau. Il y a certainement des solutions techniques. Parmi elles, on peut citer la désalinisation et la pluie artificielle "cloud seeding" qui consiste à imprégner les nuages de composants chimiques pour forcer la pluie. Mais ces solutions sont très coûteuses.

Des études du sol sont nécessaires pour établir des cartes détaillées sur les potentiels hydriques du pays. En l’absence de données scientifiques, créer des modèles de simulation et de prévision est un défi majeur. On peut toutefois étudier certains phénomènes récents. Après les dernières éruptions volcaniques du Karthala, notamment celles qui ont repandu des cendres sur une majeure partie de l’île de Ngazidja, on a pu observer des inondations fréquentes dans les zones les plus arrosées. On peut citer les localités de Vouvouni, Selea, Salimani et la partie sud-ouest entre Ntsoralé et Pidjani où des longues étendues de routes ont été balayées par ces déluges. Des rivières qui jadis ne coulaient que pendant des périodes de forte pluie, coulent de plus en plus fréquemment, même en l’absence de pluie. D’où viennent ces eaux ? Peuvent-elles être captées, traitées et utilisées ? La géomorphologie de l’île permet-elle de creuser des puits sur les hauteurs ? Toutes ces questions parmi tant d’autres méritent réflexion.

Comme l’on dit, l’eau est source de vie, sa préservation, notre survie"

* Salinité (TDS)

Oubeid

Sources :

-  Poverty Reduction And Growth Strategy Paper 2005

-  National Action Programme Of Adaptation To Climate Change (Napa) 2006

-  Evaluation Nationale Du Programme D’action De Barbade+10

-  Convention Cadre Des Nations Unis Sur Les Changement Climatiques.

-  Malango-Mayotte.Com

 

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