Il est des lieux où la Diplomatie africaine reste efficace : c’est à l’Elysée, à Paris. Il semble que sous l’effet conjugué des pressions de Mr Sassou Ngessou, Paul Biya et Bongo, le président Sarkozy s’est résigné à changer de Secrétariat d’Etat à la coopération. Mr Bockel avait en effet juré d’en finir avec la fameuse France Afrique.
Je ne suis pas sûr que la volonté de Bockel aurait changé la face, le volume ni les pratiques de la coopération française. Mais ses intentions s’inscrivaient dans la lignée de la Rupture que prônait son président. Cette rupture est unilatérale (volonté de la France) et visiblement à géométrie variable (en ce qui concerne l’Afrique). Le continent Noir est quant à lui resté le même vis à vis de la France. Il laisse tout passer ou presque en feignant de comprendre à moitié les concepts et les idées : du discours de Dakar à l’arche de Zoé. Tout, sauf la mise en cause des privilèges de ses chefs. Pour ces privilèges là, l’Autorité africaine est prête à intervenir dans les affaires intérieures de la République française. Elle s’octroie un droit d’ingérence. Ironie de l’histoire, le patron de la diplomatie française a longtemps théorisé sur ce droit d’ingérence. Mais il ne l’a jamais imaginé à la rescousse d’un modèle "humanitaire français qui marche". Du droit d’ingérence, Sassou et son beau-fils Bongo en ont démontré l’usage tropicalisé, noirci de pétrole et de négritude. La rupture attendra.
Athman Mravili