Le prix du pétrole gravite autour de 110 US dollars le baril. Il n’y a pas longtemps, ce prix se situait à environ 60 US dollars et cette montée continue d’une manière exponentielle.
Le porte monnaie du propriétaire d’automobile devient de plus en plus léger. Le conducteur et responsable de famille doit trouver le juste équilibre entre le carburant qu’il doit mettre dans la voiture pour amener l’enfant à l’école, le prix de la nourriture qu’il doit lui donner et les autres dépenses du quotidien.
Que faire quand l’économie ne suit pas cette ascension du prix de l’or noir ?
Comment l’économie peut-elle progresser quand la MAMWE n’arrive pas à livrer l’électricité dont elle a besoin pour tourner ? Oui, elle est aussi affectée par le prix du gasoil. Un cercle vicieux...
Je ne vais pas rentrer dans les discussions de mauvaise gestion, de directeurs incompétents, des effectifs bizarres et fictifs, etc....
Ma réflexion ici est de susciter une interrogation : ne serait-il pas temps que les autorités commencent à réfléchir sur d’autres sources d’énergie alternatives ?
Aujourd’hui tout le monde s’accorde sur la nécessité de lancer l’économie des Comores pour que le niveau de vie soit au moins acceptable pour le Comorien. Comme nous ne produisons presque rien, le domaine prometteur est le tourisme. Mais comment peut-on faire fonctionner des hôtels quand il n’y pas d’électricité pour les illuminer, pour conserver les produits alimentaires périssables, pour chauffer l’eau des douches ou pour faire fonctionner les appareils informatiques requis pour l’administration ? La liste est certainement longue.
Pendant mon séjour aux Comores, je ne puis dire combien de fois mes visiteurs se sont plaints parce qu’ils ne pouvaient pas prendre une douche ; car il n’y avait pas d’eau chaude ou qu`il n’y avait pas du tout d’eau courante dans leurs chambres d’hôtel. Combien de fois ils se sont plaints à cause des délestages. Ce ne sont pas ces situations qui vont donner envie de venir séjourner encore une fois aux iles de la lune.
Si aujourd’hui, les pays développés et riches ont du mal à supporter la hausse du prix du pétrole et qu’ils se tournent vers d’autres alternatives, je trouve que nous devons aussi y penser aux Comores. Quelles sont nos options ? L’énergie thermique, solaire et éolienne.
- L’énergie thermique est l’utilisation de la chaleur de la terre pour produire de l’électricité. Le cas de Ngazidja, assise sur un gigantesque volcan est intéressant. Une vapeur de 150⁰C à 350⁰C est nécessaire pour produire l’électricité. Le volcan Karthala pourrait certainement "accommoder" ces chiffres.
Aujourd’hui, le Kenya avec 3 centres géothermiques produit environ 160 MW d’électricité (la MAMWE a besoin d’environ 40 MW pour tout le réseau), assez pour couvrir 25% de sa demande totale.
Parmi les avantages de cette option, on peut traiter l’eau qui est produite par la vapeur et l’utiliser ensuite pour nos besoins journaliers et ainsi réduire les problèmes de pénurie d’eau. La production d’énergie géothermique réduit aussi la pollution en produisant 97% moins de CO2 que l’utilisation des hydrocarbures. Ce qui est très sain pour l’environnement.
Un obstacle principal est qu’il faut créer un réseau routier vers des endroits au relief accidenté et que la source d’énergie serait peut-être loin du réseau actuel d’électricité.
- L’énergie solaire est, comme le nom le suggère, l’utilisation des rayons solaires pour produire l’électricité. Des panneaux solaires sont installés sur une vaste surface et convergent les rayons solaires vers un centre. Ce centre a son tour produit de la vapeur qui fait tourner une turbine qui produit l’électricité ou en créant de l’électricité avec des cellules photo-électriques.
Pour citer en exemple, l’état du Nevada aux Etats-Unis produit dans une de ces centres 64 MW d’électricité pour approvisionner environ 14 000 foyers. Ce projet utilise 760 réflecteurs et couvre une superficie d’environ 2 Km². Ce projet a été construit en 16 mois. Un des problèmes avec l’énergie solaire, aux Comores, serait le fait qu’il faut un grand terrain pour puiser cette énergie sans compter le vandalisme.
- L’énergie éolienne quant à elle, utilise la force du vent pour produire de l’électricité et est prometteuse partout dans le monde entier.
En 2005, les Etats-Unis ont produit environ 18 000 MW d’électricité dans des fermes éoliennes. La production d’électricité avec cette forme de technologie a été multiplié par 5 dans le monde entre les années 2000 et 2007. Au Texas, 421 turbines éoliennes fournissent assez d’électricité pour environ 230 000 foyers.19% de l’énergie du Danemark est éolienne.
L’énergie fournie par les hélices d’une tour éolienne est directement proportionnelle entre autre à la densité et la vitesse de l’air. Ces tours, plantées sur les côtes pourraient bénéficier des vents plus ou moins constants venant de l’océan pour fournir une quantité considérable d’électricité (il faut être à l’aéroport de Hahaya ou au port de Moroni pour constater la vitesse du vent). Cette source d’énergie ne pollue pas non plus. Avec les nouvelles technologies, cette source d’énergie devient de moins en moins chère à implémenter.
Certes il y a ceux qui diront que le coût initial pour ces alternatives à la dépendance du pétrole qui devient de plus en plus cher est très haut. Mais il faut réfléchir sur le long terme comparativement au coût de carburant journalier pour pouvoir alimenter les moteurs du centre électrique de la MAMWE pour fournir les 40 MW nécessaires. Peut-être que les économistes pourront nous éclairer sur ce sujet.
Toutefois, je suis convaincu que les autorités devraient se pencher sur ce sujet et développer une politique d’énergie pour un développement économique durable. A noter qu’avec les exemples de beaucoup de communautés villageoises qui se prennent en charge pour s’approvisionner en eau potable, je ne serais pas surpris de voir ces communautés, fatiguées des coupures incessantes, prendre la charge de se procurer des tours éoliennes pour palier à ce problème si des solutions ne leur sont pas proposées.
Sources : wikipedia, holambecomores
Abdoul Oubeidillah