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La langue de Molière facteur de blocage dans les îles de la lune ? That is the question.   
 (par Mmagaza) : 2 - 03 - 2008
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« Zo kazowa hawuruwa » (Les choses ne changent pas en se taisant). Paroles d’un bouc.

Certains doivent se demander en quoi une langue peut-elle être un facteur de blocage ? Et pourtant, dans une certaine mesure, c’est au travers de la langue que tout se joue -si l’on peut dire- quand on aborde un sujet comme les voies à suivre pour s’en sortir dans la vie. La question en titre de cet article, beaucoup de jeunes et d’entrepreneurs dans les îles de la lune se la posent quand ils analysent les perspectives qui s’offrent à eux dans la situation présente tant en termes de débouchés pour des études, pour avoir un emploi à l’extérieur de l’Archipel ou pour des questions liées à l’exportation.

Avec les mesures drastiques prises contre l’entrée des étrangers en France et ses dépendances, pour parler comme dans le bon vieux temps, les habitants des îles de la lune ont l’impression que l’utilisation de la langue de Molière n’est plus pour eux d’un grand secours quand il s’agit de se lancer dans ce monde, de plus en plus globalisé et où les anglophones se taillent la part du lion. L’Afrique de l’Est et Australe, l’Asie et le monde arabe commencent à devenir pour nos compatriotes des destinations familières. Or, dans la plupart de ces pays, c’est la langue de Shakespeare qui est monnaie courante, pour rester dans le langage du « business ».

Beaucoup de nos compatriotes estiment donc être victimes de cette langue, dans la mesure où ceux qui en sont les dépositaires semblent se désintéresser de cette vaste communauté. Déjà, certains proposent d’instituer l’anglais comme une des langues officielles sous les cocotiers et ainsi mettre le pied sur l’accélérateur et se lancer dans ce vaste marché qui est si près de nous dans tous les domaines et que nous avions tendance à ignorer justement à cause de la barrière de la langue. Il ne faudrait pas oublier que nos plus grands oulémas et une grande partie de l’intelligentsia comorienne ont fait leurs études en Afrique de l’Est, plus particulièrement dans l’île de Zanzibar. Et à ce jour, beaucoup de pays ont fait le pari de se lancer dans l’aventure de l’apprentissage à grande échelle de la langue anglaise, comme la grande Ile sœur malgache ainsi que des pays comme le Viêt-Nam et le Rwanda.

Il faudrait donc que nos responsables à tous les niveaux lancent un vrai débat sur cette question et prennent dès à présent des mesures pour faciliter à tous ceux et celles qui veulent franchir le pas, de le faire en bénéficiant des facilités qu’offre la mise en place des centres culturels pour l’apprentissages d’autres langues et qu’on puisse ouvrir d’autres horizons et des perspectives pour l’avenir. Nos « ancêtres les Gaulois » nous ont laissé leur langue et ont choisi de nous tourner le dos sans mauvaise conscience. Alors, traçons notre chemin, car comme disait l’autre : « Homme, il n’y a pas de chemin, le chemin se trace en marchant ».

 

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