Cette question, je la pose au sein de la communauté comorienne (aux Comores et ailleurs).
Etant allergique aux bijoux, je n’en porte pas. Dans une société comorienne, où la femme se doit de porter des bijoux, surtout en or, je représente une hérésie.
Pour certains hommes que je rencontre, je suis anormale car c’est connu une femme aime les bijoux ; et je leur fais peur. Ce qui est drôle est qu’ils passent leur temps à pleurer que les femmes leurs coutent chères à cause de leurs envies de quincailleries.
Donc normalement, je devrais être une bénédiction à leurs yeux ; non, car peut-être une femme comme moi serait trop difficile à contenter.
Les « femmes dites normales », il suffit juste de leur donner un bijou ; il n’y a pas à se prendre la tête. La femme est ravie ; et l’homme est également content et il a surtout la paix de l’esprit d’avoir accompli son devoir.
Pour les femmes comme moi, nous devons représenter une complication à satisfaire. Et surtout, l‘homme ne pourra pas pavoiser aux yeux de ses amis et de la société, une société de consommation où la valeur de l’individu se mesure à l’argent et aux objets qu’ils possèdent ; et la valeur de l’homme, c’est sa capacité à offrir de belles choses et chères à sa femme (ou sa bien-aimée).
Pour les femmes de mon entourage, le fait que je sois allergique aux bijoux est vu comme une maladie. Et là-dessus, j’ai droit à : « Mais si tu te maries, tu ne porteras pas d’alliance ». Et là-dessus, je réponds non. Et là, des yeux emplis d’incompréhension et de peine convergent vers moi.
Pourquoi devrais-je porter une alliance ? Aux Comores, les personnes mariées n’en portent pas, ni mes parents, ni ma grand-mère, ni tantes, etc... : peut-être, les jeunes ayant grandi en Europe mais pas la génération de mes parents et plus, et non plus la jeune génération vivant aux Comores.
Mais au fait, d’où vient cette coutume de porter une alliance lorsqu’on est marié ?
Le port des alliances est une pratique issue de la société judéo-chrétienne. Les jeunes s’échangent le jour de leur mariage un anneau, signe de leur engagement et de leur fidélité. Selon les pays et les époques, il se portera à la main droite ou gauche. En France, il se porte à la main gauche.
Une croyance veut qu’une veine relierait l’annulaire de la main gauche au cœur ; d’où peut-être vient la tradition de porter une alliance à ce doigt.
Dans la tradition comorienne, une femme mariée se voit par le port de bijoux (très spécifiques) et sa beauté magnifiée (par le maquillage, l’épilation du visage et du corps, le henné ; et très récemment la coiffure : défrisage, port de mèches ou de postiches). Rappelons que dans la tradition comorienne, la femme non mariée n’était pas maquillée ; de plus en général, elle se mariait jeune : à 18-20 ans, elle était déjà mariée avec un ou plusieurs enfants.
Aujourd’hui, toutes les femmes jeunes et moins jeunes non mariées prennent soin d’elles au point qu’on ne peut guère les différencier des mariées.
Du coté des hommes, selon la tradition comorienne, les hommes mariés habitent chez leurs femmes.
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