Au delà des régions de Bambao et d’Itsandra, l’obscurité totale est la règle 4 à 5 jours par semaine. A Moroni, frigos, congélateurs, télés, ateliers et entreprises de productions font la sieste l’après-midi jusqu’à 17-18 heures. Le soir des coupures en dentelles agrémentent les veillées et les ébats nocturnes. Les salles de bains et cuisines, les fontaines publiques sont sèches la plupart du temps.
La direction nommée par Sambi n’arrive pas à redresser MAMWE la société publique d’électricité et de l’eau. La rigueur annoncée s’est muée en rigoureuse anti-rigueur : bientôt 400 employés. La direction et les ministres rivalisent à qui embauchera le plus de parents et d’amis politiques qui n’ont rien à faire. Des agents ne viennent que le jour de la paie.
La Sté Comorienne d’Hydrocarbures refuse de livrer plus de 28.000 litres de gasoil par jour, alors qu’une journée de délestages bien répartis peut faire consommer 37.000 litres. Mais MAMWE n’arrive pas à payer sa part de 154 KMF le litre, le gouvernement de l’Union qui doit combler les 150 F restant, lui non plus.
Les mauvaises habitudes continuent. Sous Azali c’était pareil. Les meilleurs cadres expérimentés sont ignorés par une direction super qualifiée pour son inconditionnalité au Président de l’Union.
Le Directeur administratif et financier, lui aussi super fidèle, est connu pour des études de maths ; il ferait probablement un bon prof du secondaire, mais aucun comptable n’en voudrait comme simple assistant.
La société est incapable de calculer ses coûts de revient.
Le chiffre de 50 % de perte (19.164.371 Kilowatt-heure facturés sur une production de 40.263.835) qu’avance l’entreprise n’est justifié par rien. Mamwe ne peut pas calculer la part d’éclairage publique, de la consommation des administrations et services publiques et de la consommation privée. Ces temps-ci pour pouvoir s’acheter un groupe électrogène, rien de mieux qu’être vendeur de bougies.