Ce soir à ton royaume je volerai
Le vizir de la tendresse, Raïssa !
Tes mains infinies
Embrasseront la mer et
Etrangleront le silence de nos sens
Comme sur un lit de coton
Le désir s’étalera fort
Sur ton corps
La lune aveuglée par tes yeux
Ne pondra qu’une faible lueur
De lassitude
Pour le chuchotement disparu des arbres
Il faudra prier
Et aux ancêtres offrir du vin de palme
Pour la paix de ton Congo natal disparue
Il faudra sacrifier les rêves au bord du fleuve
Et arroser les tombes avec des ruisseaux
De larmes
Ce soir ta voix bercera
Le sommeil des enfants
Qui seront demain l’offrande faite
A la mort
Aux pleurs suspendus à ta bouche
J’offrirai trois baisers et
Et je tenterai une caresse
D’enfant
Je lècherai la tristesse sur ton front étalée
A l’inconscience du temps qui t’ignore
Et aux vents des savanes
Ce soir je volerai à ton ciel
Deux étoiles que je mettrai sur le chemin
De tes frères
Et la mer telle une kora nous livrera
Les sons des cordes tendues sur le ventre
Des vagues
Et nous voyagerons
Tes yeux dans mes pensées
Mes oreilles plongées dans ton inspiration
Vers notre royaume
Où on se satisfait sans peur et
Chante à l’écoute de la rivière
Nadjloudine Abdelfatah