Chant d’une mère
(J’aimerai dédier ces mots
à toutes mamans de Mitsoudjé, que Dieu nous les garde)
Mon enfant ! La langue de dieu
est multicolore
Va, découvre, ce vers enchante
quelque part
Il sublime pluies et soleil
et nuance le frais de l’aurore
Et ma joie bénisse ton allé,
marche et va, fais ton art
Tu hisses la main d’adieu
et mes larmes sont indolores
Mon cœur t’accompagne et
te sera partout un phare
Par mers et cieux par cette
eau que versent tes pores
Un fruit jaillira de tes sommeils
perdus, tôt ou tard
Sur la grève de tes pas j’ai
lu la gaieté de ton sort
Et tel un parfum doux j’ai
su que ton étoile est rare
Et la rosée de mon âme montera
la garde quand tu dors
Hésite mais avance, va et
très haut tu placeras la barre
Mon enfant ! L’amour est une
rivière sans limites
Laquelle je t’ai baigné
le matin de tous les jours
Il est aussi une lumière qui
te rendait souvent visite
Ses rayons sont en toi pour
tout le parcours
Par moments, la vie semblera
vide ta paix si petite
Non ! Ne crains pas les contrées
car tu rimes avec amour
Souvent tu peineras car la
vie est pleine de parasites
On te verra alors et on viendra
à toi à ton secours
Par ceux-là même qui reconnaîtront
tes mérites
Tu tomberas et te relèveras
comme toujours
Ma main te guidera car c’est
une joie un rite
Va aux champs des fleurs des
espoirs et de tes labours
Mon enfant ! N’oublie pas
la douceur de mon lait
N’oublie guère le pays,
sa verdure et son charme
Car le temps est un solitaire
cupide qui s’en allait
Par bien de chemins avec ses
propres règles et armes
Un matin innocent on se dit
avec regret qu’il fallait
Mais le temps passe et laisse
sur son passage des larmes
Va mais reviens je t’attends
impatiente dans un palais
Parée de mon sourire et du
vin pur de mon âme
Amène-moi ton regard, ce cadeau
divin bien ficelé
Loin de toi les épines éparpillées
et les petits drames
Le firmament est fait de roses
d’un festin salé
A ton retour je te serrerai
en moi, parole d’une dame !
Fès, un jour ensoleillé d’Août 2007.