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UNION DES COMORES
Unité - Solidarité - Développement
MOUVEMENT DES CITOYENS POUR LA JUSTICE ET LE PROGRES DES COMORES
COMMUNIQUE
Le Mouvement des Citoyens pour la Justice et le Progrès (M.C.J.P.) des Comores vient de prendre connaissance d’un texte d’une grande simplicité, d’une profonde incohérence, et d’un déficit flagrant d’honnêteté morale et intellectuelle du parti CRC, intitulé « Proposition de sortie de crise de la CRC » en date du 3 décembre 2007, paru dans la presse du jeudi 6 décembre 2007, et qui a été communiqué aux différentes chancelleries en poste à Moroni, dans un esprit de distillation d’idées confuses, en vue de remettre en cause les efforts louables de l’Union Africaine, et de freiner le processus engagé par celle-ci pour la normalisation institutionnelle dans l’île d’Anjouan.
Le M.C.J.P. reste ouvert au règlement politique et pacifique de la crise créée par la confiscation, méprisante, éhontée et lourde de préjudices humains et économiques, du pouvoir de l’exécutif d’Anjouan par Mohamed Bacar et sa clique, à la seule condition que les propositions qui sont faites soient sincères, respectueuses de la Loi Fondamentale, et concrètes dans la recherche rationnelle d’une solution claire, définitive et durable à la crise institutionnelle à Anjouan.
Le M.C.J.P. réaffirme que le préalable au règlement de la crise est l’acceptation inconditionnelle, par Mohamed Bacar, du déploiement de la Mission d’Assistance Electorale et Sécuritaire aux Comores (MAES) de l’Union Africaine pour l’organisation à Anjouan d’élections libres, démocratiques et transparentes sous la supervision de la Communauté Internationale et des instances nationales compétentes.
« L’ immaculée solution » qu’est le « Plan B » en quatre points de la CRC propose dans son point 1 « le retour de l’AND à Anjouan » ainsi que « la mise en place immédiate d’un Etat-major conjoint AND-FGA sous la supervision de l’Union Africaine ». Le Mouvement rappelle que dans le point 6 (iii) du communiqué de la réunion du comité ministériel des pays de la région sur les Comores réuni au Cap (Afrique du Sud) le 19 juin 2007, il est demandé à la rébellion d’Anjouan de permettre le déploiement de la Mission d’Assistance Electorale et Sécuritaire aux Comores (MAES) pour permettre la tenue d’élections libres, régulières et transparentes à Anjouan. De plus : « La gendarmerie anjouanaise sera cantonnée et, en conséquence, ne sera pas impliquée dans la supervision du processus électoral ».
Le M.C.J.P. tient à lever toute volonté négationniste d’amnésie de la part de la CRC, pour ce qui est de la présence visible de l’AND ainsi que des symboles de la République à Anjouan. Pendant les sept ans qu’elle avait eu les destinées de l’Etat entre ses mains, elle n’a jamais rien fait de concret dans ce sens, laissant ainsi, sournoisement pourrir la situation. Par contre, et nous n’insisterons jamais assez, dès son élection à la Présidence de la République, Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI n’a eu comme souci que la poursuite de cet objectif, et il ne s’est jamais défaussé de ses responsabilités de garant de l’intégrité territoriale. Notons la célébration en grandes pompes de la fête nationale (alors que depuis 1997, cela ne s’est jamais fait), la récupération et la restauration du Palais présidentiel (confisqué par les rebelles depuis 1997), la mise en place du commandement régional de l’armée comorienne..., la liste est longue, mais nous nous cantonnons à cela.
De surcroît, lorsque l’on sait que certains caciques du parti-Etat, et non des moindres, tels Caabi, Mdjamawé, Réhéma Boinali, Ibrahim Halidi, Sourette, Nassuf..., font partie du premier cercle de la rébellion, comme pseudo-ministres ou conseillers, et sont aujourd’hui derrière toutes les manœuvres malveillantes, virales et diaboliques de déstabilisation de l’Etat comorien, on a du mal à prêter foi aux larmes de crocodiles de la CRC.
En outre, il est demandé (point 6 iv) aux rebelles d’Anjouan de permettre la préparation « des plans de désarmement de la gendarmerie anjouanaise et l’intégration de ses éléments au sein de l’armée comorienne... »
La proposition d’un Etat-major conjoint AND-FGA ne revient-il pas à légitimer et perpétuer une milice illégale qui a vocation à disparaître pour laisser la place à une Force régulière de Sécurité Intérieure, tel que stipulé dans la Loi que la CRC elle-même a contribué à faire voter par l’Assemblée Nationale.
La grosse ficelle dénommée « Plan B » de la CRC propose en son point 2 le réaménagement de la loi électorale à partir d’un revirement de l’Assemblée Nationale à qui il est proposé de se déjuger pour permettre aux chefs
des Exécutifs des îles de décider eux-mêmes, suivant leurs humeurs, lorsqu’ils voudront se soumettre au verdict
des urnes. Cette proposition n’a qu’un seul but affiché : affaiblir l’Etat et l’Unité nationale, remettre en cause le rôle d’arbitre et de garant de la bonne marche des institutions du Président de la République, porter un coup fatal à l’Etat comorien, comme sujet de droit international, et ridiculiser les efforts des élus du Peuple à l’Assemblée Nationale.
Le point 3 du pompeux « plan B » de la CRC propose que « Mohamed Bacar s’engage par écrit de respecter l’égalité de chance pour tous les candidats sous peine de voir sa candidature invalidée même en pleine campagne. ». Instruit de l’expérience de l’accord du 11 mai 2006, que Mohamed Bacar a signé, sous l’égide de la Communauté Internationale et de la Cour Constitutionnelle, pour ensuite le renier en bloc, le M.C.J.P., au même titre que le Gouvernement de l’Union, n’accorde aucun crédit aux « engagements » même écrits de Mohamed Bacar. Il réitère le fait que la garantie d’élections libres, démocratiques et transparentes à Anjouan ne réside pas sur les « engagements » de Mohamed Bacar, mais leurs supervisions par une force internationale impartiale, et clairement identifiée.
Quant à la soi-disant participation du Président de la République aux élections, il convient de rappeler qu’en aucun moment, au cours de la dernière campagne pour les Exécutifs des îles, on a vu SAMBI prendre part à des réunions ou des meetings de campagne. Il n’a jamais publiquement nommé un candidat, ni fait officiellement appel à voter pour qui que ce soit. Le point portant sur cette question non seulement ne se justifie pas, mais est la preuve de cette campagne néfaste de désinformation et d’allégations menée par l’ancien parti-Etat.
En ce qui concerne le partage des compétences, question lâchement et abusivement abandonnée par le gouvernement de la CRC, au mépris de la Loi Fondamentale et de la volonté de l’Assemblée Nationale, le M.C.J.P. rappelle que ce gouvernement, durant son septennat, n’a jamais voulu y donner la mesure adéquate, et prêter toute l’attention, la sérénité et la sagesse requises pour son dénouement au profit de tous, et dans la sauvegarde des intérêts de l’Etat. Le M.C.J.P. rappelle également que l’actuel Gouvernement de l’Union a lui-même pris l’initiative de convoquer une commission inter-comorienne pour engager un dialogue franc, au profit des îles, sur ces questions laissées en suspens. Malgré une avancée significative sur un certain nombre de points relatifs aux compétences partagées, les travaux de la commission ont été sabotés par la volonté manifeste de la délégation de Mohamed Bacar, dans l’intention de garder le statu quo à Anjouan (FGA, mainmise sur les sociétés à capitaux publics, gestion mafieuse du port de Mutsamudu, etc.). Le Président de la République, Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI a montré sa bonne volonté en promulguant la plupart des lois bloquées par le gouvernement précédant.
Le Mouvement souligne qu’il ne peut être fait impasse des travaux effectués le 19 juin 2007 au Cap et les 8-9 juillet 2007 à Prétoria, et auxquels avait pris part une délégation de la rébellion d’Anjouan. Ces travaux constituent la voie solvable et incontournable au règlement pacifique de la crise créée par Mohamed Bacar et au retour de la légalité institutionnelle à Anjouan.
Le fameux « Plan B » de la CRC n’apporte rien de nouveau sinon la dangereuse répétition du scénario de 2000 du règlement inter-comorien qui avait mis fin de manière unilatérale et en contre-pied à la volonté de l’Union Africaine, laquelle avait décrété l’embargo. Ce qui a ainsi permis aux forces séparatistes de survivre, de reprendre un nouveau souffle et de poursuivre leurs démarches visant à nuire aux intérêts supérieurs de la nation comorienne, et dont les conséquences réapparaissent en cette situation présente. En attendant le très sérieux « plan C » de la CRC, nous nous demandons, avec le Peuple comorien, ce qu’il faut retenir de son « plan A ».
Le M.C.J.P. en appelle à la vigilance de toutes les forces démocratiques qui défendent l’Unité nationale, contre toute velléité de remise en cause de la Constitution de l’Union des Comores, et toute démarche susceptible de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Etat.
Moroni, le 10 décembre 2007
Pour Le Mouvement pour la Justice et le Progrès des Comores,
Le Secrétaire général a.i.
Ibrahim ABDOURAZAK« Razida »