Les gens ont la mémoire courte ou feignent d’oublier. Je veux parler de Mohamed Bacar qui prend en otage l’île d’Anjouan (Comores) et met en danger l’unité nationale. Mohamed Bacar et de ses sbires continuent d’agir à des fins politiques et personnelles et ce, au détriment de tout un peuple. Les dégâts provoqués par cette crise sciemment déclenchée et entretenue sont énormes et touchent tous les domaines (éducation, économie, social, santé...etc) de la vie du comorien en général. Cette instabilité qui prend sa source à Anjouan se répand sur les autres îles : Grande Comores et Mohéli. Etant des îles sœurs ou même voisines, elles ont vocation à se compléter pour le développement du pays et cette complémentarité ne joue plus ou très peu.
Est-ce le hasard qui a ramené le Colonel en ce temps ou bien un nouveau laquais vient d’être lancé ? A qui le tour ? Commente qui veut.
Après ses études supérieures à l’université Navale de Brest, Mohamed Bacar intègre en 1987 la gendarmerie nationale à Anjouan. Il gravira rapidement les échelons jusqu’à se placer à la tête de la brigade de police du port national (Mutsamudu). Il effectuera ensuite divers stages de perfectionnement. Il part pour une formation d’anglais aux Etats-Unis (USA) en 1991 et en France en 1996 il intègre l’école de gendarmerie de Melun.
A la suite des mouvements d’insurrection du 03 août 1997 de l’île d’Anjouan face à la République Fédérale Islamique des Comores, Mohamed Bacar retourne à Anjouan en cette période d’agitation politique sur l’île (mkutruwo). Très vite, il s’implique activement dans les négociations pour résoudre la crise politique et institutionnelle que traversent les Comores. Le Commandant Bacar avec le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane prennent les opérations en main.
En cette qualité, Mohamed Bacar défend alors les intérêts de son île. Le Colonel a joué un rôle important dans les négociations et a beaucoup contribué à la signature de l’Accord Cadre de Fomboni du 17 février 2001, mettant soit disant un terme à la crise séparatiste et donnant naissance à la nouvelle république dénommée « Union des Comores ». De cet Accord dit « de Fomboni » (Capitale de l’île de Mohéli) est née la Constitution de l’Union des Comores. Selon son Article13 : « La Présidence est tournante entre les îles. Le Président et les Vice-présidents sont élus ensemble au suffrage universel majoritaire à un tour pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable dans le respect de la tournante entre les îles. Une élection primaire est organisée dans l’île à laquelle échoit la présidence et seuls les trois candidats ayant obtenu le plus grand nombre des suffrages exprimés peuvent se présenter à l’élection présidentielle de l’Union. Indépendamment, chaque île doit élire un président au suffrage universel, pour un mandat de cinq (5) ans.
Malgré la signature de cet accord de 2001, le 09 août 2001, Said Abeid Abdérémane, chef de l’Autorité anjouanaise est écarté par un coup d’Etat de la gendarmerie qui place son commandant à la tête des affaires. Dès lors, devenu colonel, Bacar participe activement à la vie politique de l’île. Il prend part aux différentes réunions de crise, entre comoriens en tant que délégué pour l’île d’Anjouan. Ensuite, il organise la première élection présidentielle insulaire. Il est élu parmi les cinq autres candidats, président de l’île autonome d’Anjouan le 31 mars 2002. Les élections à Anjouan ont alors eu lieu bien avant celles des autres îles.
Cinq ans ont passé. Le président de l’Union, Sambi a saisi la Cour constitutionnelle l’Union, pour signaler « l’expiration du mandat de Mohamed Bacar, président de l’île autonome d’Anjouan, depuis le 14 avril 2007 à minuit » ; ainsi la place de président de l’île d’Anjouan a été déclarée vacante pour fin de mandat. Le samedi 28 avril au soir, un décret émanant du président de l’Union désigna Houmadi Kaambi président de l’assemblée de l’île, en qualité de chef de l’exécutif d’Anjouan par intérim. Ce nouveau chef de l’exécutif de l’île par intérim doit, assurer la gestion des « affaires courantes » et mettre en place un nouveau gouvernement consensuel, représentatif des forces politiques de l’île. La mouvance du colonel Bacar refuse de reconnaître la légalité d’un tel gouvernement par la voix de Djaffar Salim, ministre de l’intérieur et numéro deux de l’exécutif insulaire déchu.
Un conflit est né entre le président de l’Union et Mohamed Bacar. Ce dernier a maintenu la date des élections dans l’île alors reportée par l’Union des Comores et la communauté internationale. Excluant de la participation ses opposants, passant outre les injonctions de l’Union Africaine (UA) et disposant des moyens de contrôle de l’île, il a été réélu sans surprise. Depuis, il refuse totalement de communiquer avec les autres îles. Le Président de l’Union voulant se rendre à Anjouan a été accueilli par des tirs.
Qui comprend ce que veulent les autorités anjouanaises ? Est ce une affaire de nationalisme ? Est-ce pour permettre le développement d’Anjouan ? Jusqu’aujourd’hui, il y a toujours eu le mythe selon lequel « tout se passe à la Grande-Comores et rien ne se fait dans les autres îles ». C’est dommage.. A présent, ils ne se considèrent pas comoriens mais seulement anjouanais, histoire de défendre leurs petits intérêts. Génial.
Mais pourquoi les anjouanais, en l’occurrence les nouvelles générations se laissent ils manipuler par des gens qui ne se sont jamais comportés en anjouanais, et qui ont toujours fait passer leurs avantages avant ceux de leurs concitoyens. En l’espèce, on retrouve les Caabi et consorts : Mohamed Abdou Madi, Abdou Amdjad, Ibrahim Halidi. De 1975 à 1999 ces gens se reconnaissaient mieux dans le giron comorien car cela les arrangeait, mais aujourd’hui ils sont seulement anjouanais tout court, pour les même raisons.
Ainsi, durant le règne de feu le Président Ahmed Abdallah Abdérémane et l’époque de feu le Président Said Mohamed Djohar, les hauts emplois administratifs et politiques de l’Etat, la fonction publique étaient occupés beaucoup plus par des anjouanais que par de grands comoriens. Ce n’est qu’en 1995 avec le feu président Mohamed Taki Abdérémane que le remplacement d’un anjounais par un grand-comorien devint possible.
Il est temps pour les autorités anjouanaises de commencer à se remettre en cause. Leur comportement est suicidaire. Qu’est-ce que Bacar et consorts défendent d’aussi légitime jusqu’à conduire le peuple anjouanais vers des sanctions internationales et « des mesures coercitives, du genre blocus aérien et maritime ».
Continuer à sombrer dans l’égoïsme, à être aveuglé par l’argent et oublier l’avenir de son pays est indigne. L’histoire sera seul juge. Détrompez-vous, vous n’êtes pas plus intelligents ni plus « aimés » que vos prédécesseurs politiques par l’occident en général et par la France en particulier. Regardez la réalité en face, vous comprendrez ô combien, vous politiques comoriens êtes méprisés. Si vous ne vous remettez pas en question, vous ne vous ferez pas respecter, on continuera à vous prendre pour des gamins. Prenez un peu de recul, pour revivre la fin terrible de ceux qui vous ont précédé. Vous ne comprenez toujours pas. On vous utilise comme des pneus : Usés, on vous jette. Ceux qui vous chouchoutent vous lâcheront car vous ne servirez plus à leurs profits. Personne ne voudra de vous. Vous aurez même honte de vous regarder dans une glace, d’aller dans votre ville et regarder vos proches en face.
Si en tant que politiques, vous vous laissez conduire par de petits avantages individuels et accepter de détruire votre peuple, si vous ne protégez pas les intérêts de votre pays, c’est vous qui êtes responsables et non pas l’Occident, ainsi qu’on a l’habitude de l’entendre. C’est une question d’intérêt. Les acteurs internationaux qui traitent avec les Comores sont là pour défendre leurs intérêts comme devraient le faire les dirigeants comoriens.
Certes, nous n’avons pas les même besoins que nos partenaires. Qui, parmi les mortels serait prêt à abandonner ses revenus et se faire écraser pas son semblable ? Personne. Comment peut-on espérer que l’occident abandonne les siens ? Il faut cesser de se focaliser sur de gros dossiers surtout de politique internationale. Le comorien miséreux s’y intéresse moins ou pas du tout. Il faut commencer par résoudre les besoins immédiats des comoriens (formation, éducation, alimentation, santé...), penser aux réalisations qui sont à la portée des moyens de ce pays. Soyons réalistes, le comorien ne demande actuellement que ce qui est de première nécessité. Viendront après les grands projets et concrétisations. Arrêtez les chimères, « Paris ne s’est pas fait en un jour ».
Ce qui se passe actuellement à Anjouan peut se produire dans les autres îles (Mohéli, Grande Comores). Avec des politiques qui ne se respectent pas, comment les Comores seront-elles un jour respectées ? Chers compatriotes, si les comoriens ne prennent pas leur destin en mains, personne d’autre ne le fera à leur place. C’est seulement lors des élections que l’on peut sanctionner et mettre en place des responsables dignes de ce nom. Mais, l’exécution d’une telle sanction est loin d’être comprise dans notre pays. Tant que le citoyen ne votera pas utile et objectif, mais se laissera guider par des considérations égoïstes (petits services rendus, liens familiaux...), il n’y aura jamais de dirigeants respectables. Et si le citoyen se range dans le camp des inconditionnels absolus, il ne pourra pas exercer de contrôle ni demander de comptes aux autorités. Or, un pouvoir sans contrôle ne peut donner lieu qu’à des débordements.