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Une langue avalée revient en bouche   
 (par Habsat DJAMALIDINE) : 29 - 01 - 2005
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Comorienne d’origine je ne parle malheureusement pas ma langue maternelle.

Serait-ce la faute de mes parents ? non je ne pense pas ! ! !

Enfant, mes parents me parlaient en français/comorien. Dans ce « langage », bien sûr le français dominait, mais à l’époque je n’y accordais pas d’importance. Cette sorte de communication m’a toujours suivi. Toutefois, si j’avais eu la volonté, ne serait-ce à l’adolescence de dire : « papa, maman, à partir d’aujourd’hui parlez moi comorien », je pense fortement que le résultat aurait été positif ; tenir une conversation en comorien n’aurait pas été un problème pour moi.

Certaines personnes pensent que parler français à leurs enfants est un moyen d’intégration dans une société où cette intégration n’existe pas vraiment ; mais bon cela est un autre débat.

Ok l’intégration c’est bien mais par-dessus tout ça...

Aujourd’hui j’ai 22 ans, je ne parle pas comorien et cela me pose problème, chose que je n’avais pas du tout réalisé auparavant. Prenons un exemple concret : Si un jour je pars au Comores (je n’y suis jamais allée) comment vais-je communiquer avec ma famille ? Certes, le français est assez courant, et même une des langues officielles, mais les plus âgés comme mes grands-parents, ne le parlent pas. Cela rendra la communication très difficile.

Je m’investis beaucoup pour parler la langue de chez nous cette belle langue que j’ai longtemps ignorée, cette langue que j’aimerai plus tard transmettre et partager avec mes enfants.

J’ai voulu parler de cela car beaucoup de jeunes de ma génération sont malheureusement dans ce cas, et, comme on dit si bien « mieux vaut tard que jamais ».

Habsat DJAMALIDINE

lire l’article de Said Kalaifa "Chez moi la France" dans la rubrique Tribune Libre

 

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