La bonne marche d’une communauté de personnes, voire d’animaux est impérativement liée au plein accomplissement par chacun des membres du rôle pour lequel il est choisi, formé ou fait. Mais tout cesse de fonctionner quand la prétention à vouloir faire sien le rôle des autres prend place. En effet, on est dans un monde où des gens refusent d’admettre qu’ils ne sont pas faits, formés ou prêts de jouer tel ou tel rôle. Tout est confus, chacun pense qu’il est bien un érudit dans bien de domaines.
Il n’est pas étonnant que le monde ne soit pas en paix, vu que Monsieur BUSH se dit l’élu de Dieu pour lutter contre le terrorisme, alors qu’il ferait mieux un bon cow-boy dans son Texas natal, enfin je pense qu’il irait bien sur un bon poulain, avec une tenue en cuir.
Ou que le sieur PEREZ veuille diriger le plus grand club de football du monde, alors qu’il serait mieux dans un département marketing.
Encore mieux, en Afrique, plus particulièrement chez nous aux Comores, ce phénomène de confusion des rôles fait des adeptes dans la quasi-totalité des secteurs. Mais le plus flagrant des cas c’est la politique. Et oui la politique attire beaucoup de personnes, parmi lesquelles des gens qui n’ont sans doute pas compris la phrase « tout le monde fait la politique ».
Une brève définition de ce mot « politique » ne serait pas de trop. Les politologues s’accordent à donner trois définitions de ce mot, la première définition fait la distinction entre le monde, la politique et la société civile, la frontière entre ces deux, toujours floue, pouvant d’ailleurs varier selon les lieux et les époques.
La seconde désigne l’activité politique en général, c’est-à-dire la compétition pour l’obtention des postes de responsabilités publiques ou privées, le débat partisan, les diverses formes de mobilisation ...
Et la troisième acception désigne le processus par lequel sont élaborés et mis en place des programmes d’actions publique, c’est-à-dire des dispositifs politico - administratifs coordonnés en principe autour d’objectifs explicites.
Sans doute, il serait naïf de penser que tout le monde ne fait pas de la politique, mais je pense que la plus grande des bêtises serait de croire que la politique de l’Etat, du pouvoir public est à la porté de tous. Cette politique, pour ceux qui ne le savent pas requiert une formation en sciences sociales, ce qui sous-entend un certain niveau universitaire dans ce domaine, ou une initiation à la gestion de la chose commune comme cela se faisait traditionnellement dans nos sociétés bien organisées (rien n’a changé en réalité), avant que l’homme blanc nous amène sa manière de diriger une société. Et même là, il appartient aux meilleurs de ces diplômés ou des initiés de rêver faire la politique c’est-à-dire la conduite de la communauté vers sa réalisation la mieux qui se soit : la recherche de l’intérêt général.
Si rien ne marche chez nous aux Comores, cela est justement dû en partie au fait que certains formés, je dirai même nés pour des rôles précis refusent de s’adonner à leur tâche.
Non, je suis sur, que je ne vous convaincs pas trop !
Mais imaginez un médecin comorien, affecté dans une localité provinciale d’une région comme le Mbude par exemple, qui fait de la politique publique, celle qui a pour but l’accès à des postes de responsabilités, au lieu de s’occuper des malades qui ne demandent que des soins de médecins et non de politiciens issus d’une école d’administration, ou encore d’une faculté de sciences juridiques, économiques et sociales, ou encore mieux d’une grande école de sciences politiques.
Nous savons évidemment que le nombre de médecins dans notre pays est une de nos carences et ce médecin vise un poste de représentant parlementaire, pour lequel il lui aurait fallu une formation dans ce sens. Non seulement il a failli à sa vocation de sauver des vies, mais il en ferait des malheureux par son entêtement à vouloir intégrer un domaine dans lequel il n’est qu’un ignare.
Etre député par exemple, nécessite quand même une connaissance des techniques d’élaboration des projets et des propositions des lois ; cela nécessite aussi qu’on puisse faire une analyse socio juridique des problèmes institutionnels, bref un ensemble de connaissances qu’on acquiert CERTAINEMENT pas dans une école d’architecture ou d’informatique ou encore moins à la faculté de médecine et de pharmacie et j’en passe.
A mon humble avis, notre pays a besoin des gens qu’il forme dans leur rôle précis. D’ailleurs le monde ne demande que ça. Nous avons décidé de prendre une voie en matière de politique, celle de l’Occident, mais est ce que vous savez qu’un pays comme la France (exemple à tout hasard), pour qu’un médecin soit nommé à un poste ministériel, il faudrait qu’il ait effectué une bonne partie de sa mission, celle de soigner les gens, car une fois qu’il serait ministre, il perdrait la main et aurait d’autres responsabilités que celles d’un médecin, des responsabilités bien plus grandes que celles de sauver des vies.
Mais, tel monsieur ou telle dame jouirait de sa popularité, ou encore des connaissances pour accéder à un poste politique - qui lui est royalement étranger - pour ne réussir à faire que le malheur des gens qui l’ont naïvement aidé à se placer là.
Est-ce cela le rôle d’un intellectuel ? Non !
L’intellectuel, c’est plutôt celui qui met son savoir au service de l’intérêt majeur de la communauté dans laquelle il vit et envers laquelle il doit honnêteté. Et non celui qui a la boulimie du pouvoir et l’envie ardente de venir piller les fonds publics dans l’impunité totale.
La politique, ce ne sont pas les mathématiques ni la physique, et cela m’aurait étonné que EINSTEIN découvre sa théorie de la relativité s’il s’était donné pour objectif de siéger dans le parlement de son pays !
Ne soyez donc pas étonné, vous qui refusez de vous concentrer dans vos domaines, si à la dernière minute de votre vie, vous vous rendez compte que vous n’avez été utile que pour vous-mêmes. Comme le dit le dicton : « on ne peut pas chasser deux lièvres à la fois ». Même pour en chasser un, il faut savoir chasser. Alors si vous tenez à la politique sans vous y être préparé, attendez-vous à une vie sans importance ...
Ben Ismaël Saïd ZAIDOU
Etudiant comorien au Maroc
zaidouismael@gmail.com