Courbé, les yeux fermés, je t’imagine,
Avec ma plume, à l’encre de Chine,
Je te conçoit, je t’ébauche, je te peaufine.
Dans ma gamberge, un poète en gésine,
Dans ma pénombre, une lumière adamantine,
Je te veux saphir, je te veux citrine.
Du néant, jaillit une vie qui illumine,
Un coeur vagabond dans ses errances bédouines,
Un coeur fantôme dans sa vacuité sanguine.
Toi, tu m’épargneras ce regard qui incrimine,
Toi, tu accepteras la difformité de mon échine.
En son image Dieu créa l’homme, divine,
En mon image je te crée : Libertine.
Rafide Ibrahim