Les violences citées précédemment dans le cadre du mariage sont les mêmes types de violences dont sont victimes les femmes en général :
- les maltraitances physiques
- les maltraitances psychologiques et morales : insultes, humiliations, etc...
- les viols : le viol n’est pas considéré comme un crime.
- le système judiciaire le considère comme un délit. Lorsqu’une affaire aboutit au tribunal - cas très rares -, les peines prononcées à l’encontre des agresseurs sont minimes.
- la population comorienne, en général, nie son existence et considère que les femmes victimes de viols en sont responsables (elles ont séduit leurs agresseurs).
Ce qui implique que les violeurs ne sont ni traduits en justice, ni inquiétés par la population locale. Ils sont libres, libres de recommencer.
La vie de la victime est brisée (psychologiquement et physiquement) et son avenir s’arrête net. En effet, car la femme a de la valeur aux yeux de sa famille tant qu’elle se sait vierge : un atout qui lui permettra de sceller un bon mariage et de garantir une bonne réputation de sa famille. Violée, elle a perdu cet attrait car aucun homme ne veut d’elle.
Elle se retrouve
- soit mariée avec son agresseur ; en effet, certaines familles, afin de ne pas perdre totalement la face, négocient un mariage avec la famille du violeur.
- soit en tant que fille maudite. Elle devient la boniche de la famille ou elle est laissée pour morte. En somme, elle est traitée comme une coupable.
Les agresseurs sont issus de toutes les catégories socioprofessionnelles : notables, enseignants (école coranique ou française), religieux, jeunes ou moins jeunes, instruits ou analphabètes et des membres de la famille de la victime.
Donc comment faire changer ce comportement, s’il est ancré en monsieur tout le monde et est devenu normal ? Comment protéger les femmes dans une société dominée par l’homme ?
Par une sensibilisation
- des femmes : elle porterait sur la définition du viol, sur les victimes (leurs ressentis, leurs souffrances et douleurs, les traitements pendant et après le(s) viol(s)).
- des hommes : elle serait similaire à celle des femmes ; la définition du viol, la force qu’exerce les hommes au moment du viol sur les femmes que ces dernières ne peuvent se débattre ou se défendre.
- du corps religieux et du muftorat : elle serait un rappel à leur droit religieux ; le viol est interdit dans l’Islam. Et il est de leur devoir de le combattre en sensibilisant la population également et de bannir les violeurs.
- des politiciens : elle porterait sur l’adoption de loi considérant le viol comme un crime. Ce changement de loi entraînerait une modification des traitements des affaires de viols par le système judiciaire et des peines élevées à l’encontre des agresseurs.
Ceci permettrait d’inverser la tendance actuel sur l’avenir des violeurs (avenir radieux) et des victimes (vie anéantie).
Les violences sur enfants seront abordées dans un article ultérieur.
Référence :
- « Validation du rapport national sur le développement humain : le statut de la femme comorienne bénéficie d’un contexte favorable, qui n’est pas exempt de « risques de perturbations, voire de régressions » issu du PNUD (programme des nations unies pour le développement)
- « Ombres et lumières sous la lune » Paroles de femmes
Autres thèmes touchant les conditions de la femme aux Comores dans Holambe :
- Instruction scolaire française
- Instruction coranique
- le travail
- le mariage
- la santé