Soyons solidaires et agissons dans la même lignée, pour briser l’indifférence institutionnalisée en faveur de la pédophilie, au nom de tous ces enfants qui ont eu le courage extraordinaire de briser ce mur du silence, de tous ces enfants devenus des objets sexuels, de tous ces enfants murés dans le silence, de tous ces enfants sans pouvoirs dont les pédophiles  s’approprient la dignité, de tous ces enfants traumatisés que les mot et les consolations ne  pourront rien car plus rien ne sera comme avant pour eux.

Le constat est amer aux Comores mais peut être partout dans le monde, car En général, ceux  qui établissent les règles qui régissent nos sociétés, ne semblent pas avoir la volonté d’agir d’une manière sincère et concrète contre ces actes barbares inqualifiables. Les partis politiques et les militants ne s’impliquent pas  dans le réel, sur le terrain du quotidien. Oui, sauf parfois quand il y a des intérêts politiques sérieux, alors là, on fait des promesses.

Mais pour contrer la pédophilie,  Les nantis, les futurs ministres, les médias, ne sont pas chaud pour s’impliquer ouvertement.  On a sollicité la grande majorité des partis comoriens mais en vain.car  aucune pour l’instant ne veut être la première à s’impliquer et toutes  veulent être les derniers à s’afficher …. Il se fait peu de choses pour éradiquer ce malaise social, parce qu’un enfant ça ne vote pas, ça n’a pas de pouvoir de dénonciation.

Nous vivons, hélas  globalement sous la dictature de l’hypocrisie comorienne qui consiste à dénoncer les dérapages mais seulement en chuchotant et surtout pas publiquement.  À cause de cela, l’enfant est sacrifié à l’intérêt supérieur des personnes sans morales. Il y a tellement de laxisme dans le traitement des affaires de pédophilie que nombreux de ces enfants et de leurs parents n’osent pas porter plainte. On a l’immense conviction que les deux grands pouvoirs, économiques et politiques ont toujours agi dans le sens de leurs intérêts et la pédophilie impliquent tellement de gens de pouvoir que c’est presque suicidaire de vouloir s’impliquer dans des procès exemplaires ..

Comme d’habitude, ils font semblant d’avoir l’intention de vouloir faire quelque chose.

L’indifférence est la blessure la plus profonde qu’on puisse faire  à un enfant martyrisé par un homme sans cœur dénommé pédophile.

Quand allons-nous défendre les enfants ?

Quand assumerons nous de défendre la morale et l’intérêt général ?

Et on attend quoi pour «  pointer d’un doigt accusateur les pédophiles » ensemble, sans se cacher derrière les autres ?

C’est contenter de dire MASIKINI WO WANA, c’est de l’indifférence élevé au sommet de l’art, une hypocrisie consommée qui se pratique ouvertement, dont personne n’est dupe, mais qui a ce coté pratique de donner bonne conscience.

Nous sommes des musulmans … en principe … Commençons maintenant à assumer ce principe et à éveiller les consciences autour de nous. Il y a urgence puisque nous sommes en retard de plusieurs années, les pédophiles gagnent chaque jour du terrain grâce à notre silence.

Nous pouvons comprendre les peurs, mais nous ne cautionnons pas  cette attitude qui conditionne les gens à ne pas agir, ni réagir parce que c’est dangereux… de blesser le voisin, l’oncle, le beau frère ou le notable. Le seul véritable danger c’est de continuer à se taire, de faire la sourde oreille et l’aveugle de circonstances. Cette souffrance qui s’impose à l’enfant abusé est intolérable pour la conscience qui est en lui et si elle est intolérable pour cette conscience individuelle elle ne doit pas l’être par la conscience collective que nous formons globalement…

Nous devons agir, maintenant, avant que que la pédophilie devienne une réalité tolérable… Au même titre que la corruption et la dilapidation de l’argent mal acquis.

« Tous les défauts, toutes les qualités, toutes les vertus et toutes les tares sont en nous à l’état latent, potentiellement, nous sommes tous bon et ou mauvais. C’est la perception que nous avons de nous qui orientera les choix que nous ferons » comme le disait si bien Dr Mugni Baraka.

Oui, nous choisissons, avec plus ou moins de discernement, nos actions. Peu importe les excuses que nous générons pour défendre ces actions, nous sommes responsables de nos choix. « L’humain est complexe, mais sa structure mentale de base est universelle » il faut des prises de positions fortes pour décourager les autres à  prendre le même chemin.

La tendance est plus au laxisme, au laissé faire, notre procureur rivalise d’ingéniosité avec notre cher président, il a une volonté indéboulonnable contre les pédophiles et les corrupteurs, mais hélas cette volonté n’est que verbale.

Il est affligeant de le concevoir, mais des complices de pédophilies protègent des pédophiles, c’est tout, il n’y a pas d’autres explications. C’est grave et inquiétant, parce que cela veut dire qu’on ne sait plus vers qui se tourner pour obtenir justice, cela veut dire qu’il n’y a plus de justice quand il est question de pédophilie ou de vol de deniers de l’état. Ne me dites pas le contraire en me brandissant des condamnations sous le nez. Je suis comme vous, je les lis dans les rares journaux  qui osent mentionner ces faits divers et cela me fait marrer autant par la faiblesse des peines quand ce n’est pas tout simplement la relaxe, que par le coté isolé et anonyme du ou des accusés.

On laisse trainer, c’est peu médiatisé… Les dés de la justice sont pipés dès qu’il est question de pédophilie. Quand on m’apprend que pour 200g de cocaïne on a droit à une pendaison au Singapour et que dans le moment je vois un pédophile se promener sans la moindre menotte dans un pays dit musulman, je suis plus qu’atterré.

Les dossiers sont remis à la justice mais comme la police n’est qu’un des instruments de cette justice, elle n’a pas le pouvoir d’agir sans ordre de cette immanente justice. Alors rien ne bouge et comme rien ne bouge dans les hautes sphères, la motivation de lutter s’amoindrie. Pourquoi continuer à faire confiance à notre justice moribonde et à déployer tant d’efforts s’il n’y a pas de volonté politique de donner suite à ces efforts par de vraies procès et des condamnations exemplaires susceptibles d’en décourager plus d’un.

La pédophilie, tous nos grands dirigeants, bien pensants et bien astiqués s’en foutent, comme ils se foutent de tout tant et aussi longtemps que la pression populaire ne les obligent pas à réagir et parfois à simplement agir, ce qui est plus rare. C’est une monumentale farce, une farce à vomir.

On est en pleine  campagne électorale, pourquoi ne pas poser ces questions à ces costumés cravatés et ses hommes religieux ? Pourquoi ne pas poser ces questions à tous ceux  qui osent prétendre vouloir défendre nos intérêts ?

Il y a tellement de je m’en foutisme,  d’hypocrisie dans ce pays et plus particulièrement dans nos villes  que c’est à désespérer de voir un jour des actions spontanées et concrètes se mettre en place. Les rares fois que cela se fasse, les têtes bien passent viennent nous interpeller pour nous mettre « dans le droit chemin »

C’est à nous d’agir, de mettre nos ressources en commun pour exercer des pressions directes et efficaces. Je refuse que nous continuions à tolérer cette situation.

Est-ce qu’on va finir par trouver un candidat aux élections présidentielles ou de gouverneur  qui osera nous aider à médiatiser au maximum la lutte que nous  menons ?

Nous continuerons sans relâche le combat, car à l’usure on finira bien par trouver un parti politique, des cadres, des étudiants, des notables ou une ville entière qui s’impliquera, le combat continue, «  la patrie ou la mort, nous vaincrons » Thomas Sankara !

Saleh Assoumani

Secrétaire général (NARITSENGE)