Alors que le mois du ramadan s’étire en longueur, la situation financière et sociale des ménages ne semble pas connaitre une nette amélioration, même si le gouvernement fait des efforts pour payer les fonctionnaires et prend des mesures pour le contrôle des prix.
Nous savons pertinemment tous qu’une des raisons de la hausse actuelle des prix, vient de la filière de la vente qui est constituée d’une multitude infinie de revendeurs. Tant qu’une restructuration de cette filière ne sera opérée, le contrôle de la hausse des prix sera difficile à mener. La politique du bâton ne peut à elle seule constituer une arme efficace contre ce fléau, dans la mesure où dans la plupart des cas l’offre demeure inférieure à la demande, en dehors des tomates qui atteignent facilement 200FC le kilo ces jours-ci.
Avec ses quelques 750 000 âmes, les îles de la lune se prennent à rêver tout le temps, diraient les mauvaises langues. Comme dans la nuit des temps. Un rêve, les yeux ouverts, dans la mesure où nous vivons dans un monde globalisé, et surtout interconnecté avec les nouveaux moyens d’information.
Et on feint d’ignorer la marche du monde et on se réfugie derrière des faux-fuyants et des subterfuges à faire pâlir un enfant. A chaque levée ou coucher du soleil, le microcosme nous sort de son chapeau une affaire, à la manière de ces magiciens qui sortent des petits lapins.
L’opinion est en train de se demander à tort ou à raison, quand est-ce que nous allons prendre le temps d’aborder sérieusement les questions relatives aux responsabilités personnelles des uns et des autres dans le charivari actuel.
A chaque fois, on croit à une certaine accalmie sur le front des affaires et de la surenchère politico politicienne. Il n’en est rien, tout au contraire. Car c’est sans compter sur les capacités d’imagination du microcosme à brouiller les cartes. II est temps d’adopter une approche plus pragmatique et qui tienne compte de la situation de précarité qui touche différentes couches de la société. Dans cet océan d’incertitudes, il est évident que le pays ne peut que régresser encore davantage. La lutte contre la corruption doit s’accompagner de la ferme volonté de prendre les mesures qui s’imposent au risque de devenir « une corde de fumée », qui n’aboutit nulle part.
En se dotant d’un plan d’action, le gouvernement se dote d’un outil de travail et se démarque de la politique de navigation à vue qui était menée depuis un bout de temps. Cependant nous savons qu’un bon plan ne vaut que par les ressources qui lui sont allouées pour être mis en œuvre. La situation au sein du monde de l’éducation et de la santé qui ont tous les deux tenus des états généraux montre à l’évidence, qu’il existe un fossé entre nos belles paroles et la réalité de tous les jours.
La non-allocation de ressources ne pourra que déboucher sur une impasse. Toutefois, les obstacles ne sont pas insurmontables. Nous pouvons si nous le souhaitons, parvenir à les surmonter et à engager les îles de la lune dans la voie du développement économique.
Pour cela il faudrait, qu’un jour, nos multiples prétendants aux postes les plus hauts et aux fonctions les plus honorifiques sachent qu’un pays ne se construit pas au travers d’un organigramme aussi sophistiqué soit-il ! L’immobilisme que l’on commence à ressentir n’est pas un bon signe. Le président se doit encore de donner des gages de sa ferme volonté de dynamiser tout le corps social. Nous rappelant ces paroles du grand Bertolt Brecht : «Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.».